Tōkyō fascine, Tōkyō repousse. À l'image du Japon dont elle est la capitale, cette ville impressionne par ses densités, ses concentrations d'hommes et de fonctions, son mélange de futurisme et de désuétude, son mouvement incessant de constructions et de destructions.
Considérée comme l'une des trois grandes métropoles mondiales de la Triade aux côtés de New York et de Londres, elle symbolise les excès frénétiques du capitalisme post-industriel et financier, mais avec ses propres caractéristiques. Le capital étranger y est moins présent que dans ses homologues. Même si le secteur tertiaire y est extrêmement important, il s'agit aussi d'une région manufacturière. C'est la première du Japon qui, lui-même, constitue l'une des plus importantes puissances industrielles mondiales.
L'urbanisation de Tōkyō obéit largement aux lois de la rente foncière, mais selon un schéma complexe entre acteurs publics et privés. Il en résulte un paysage distinct des métropoles américaines ou européennes. Loin d'être un chaos, la ville hérite d'une histoire et d'une géographie urbanistiques originales.
Dans un Japon pourtant démocratique, Tōkyō apparaît parfois comme tyrannique, tant les élites qui y siègent semblent dominer l'ensemble du pays de façon centralisée et autoritaire, tant la cité donne le ton aux modes ou aux innovations diffusées en province. Capitale politique puis capitale économique, elle incarne le dynamisme mais aussi les contradictions du capitalisme d'État japonais.
1. Les périmètres de la plus grande ville du monde
Avec plus d'une trentaine de millions d'habitants depuis le début des années 1990, Tōkyō est la plus vaste et la plus peuplée des agglomérations du monde. Au milieu du xviie siècle, elle se classait déjà au troisième rang. À la fin des années 1970, elle fut la première à dépasser les vingt millions d'habitants.
Mais ces constats dépendent des critères retenus. Or la définition et le périmètre de Tōkyō varient. La ville de Tōkyō n'existe pas au sens administratif du terme, en tant q […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



