Homme d'État japonais. Troisième shōgun de la dynastie des Tokugawa, petit-fils de Ieyasu, Tokugawa Iemitsu fut le premier des shōgun à ne pas se rendre à Kyōto pour recevoir le mandat impérial : désormais, un émissaire du souverain porta celui-ci à Edo, capitale shōgunale. Sous le gouvernement de Iemitsu, de 1623 à 1651, la cour du shōgun s'organisa : le haut conseil constitué de daimyō fudai prit toute son importance. Par ailleurs, tous les daimyō furent contraints de résider un an sur deux, en règle générale, à Edo, et de laisser leur femme légitime et leurs enfants dans la capitale shōgunale, quand ils se rendaient dans leur fief. Le gouvernement de Iemitsu correspondit à la période de consolidation du pouvoir des Tokugawa. Cependant, dès les environs de 1636, des famines semblent apparaître dans les régions pauvres du Japon. Pendant l'hiver 1637-1638, les paysans de la presqu'île de Shimabara et des îles Amakusa, près de Nagasaki, se soulevèrent. Cette émeute paysanne fut la plus violente de celles que connut le régime des Tokugawa. Elle fut aussi la dernière manifestation des fidèles des Toyotomi : certains d'entre eux encadrèrent les révoltés. Enfin, elle fut considérée comme une rébellion des chrétiens, du fait que beaucoup des paysans qui s'armèrent étaient catholiques. La répression, très rigoureuse, pécède de peu la quasi-fermeture du Japon, aboutie en 1639 : le gouvernement du shōgun, déjà méfiant à l'égard des catholiques, entendait ainsi protéger le pays contre eux
. En réalité, le Japon, où les famines continuèrent jusque vers 1643, commençait à souffrir d'une crise économique : les prix montèrent durant la seconde moitié du xviie siècle ; la crise était due surtout à la pénurie. Cependant, Iemitsu put transmettre son gouvernement à son fils Ietsuna, sans difficulté politique.
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Persécutions des chrétiens au Japon Sous la dynastie des Tokugawa (1603-1868) la fermeture du Japon à toute influence extérieure s'accompagne de persécutions religieuses. Avant la fin du XVIIe siècle, les chrétiens ont tous été expulsés ou massacrés. Martyre des Jésuites au Japon le 10 septembre 1622, détail. Peinture japonaise, anonyme, XVIIe siècle. Église Santa Maria del Gesù, Rome.…
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Paul AKAMATSU
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