3. Évolution politique depuis l'indépendance
La vie politique du Togo indépendant a connu deux périodes fortement contrastées et d'inégale durée, la première marquée par les tentatives infructueuses du pouvoir civil pour asseoir la jeune démocratie, la seconde étant celle du pouvoir militaire incarné par Étienne Gnassingbé Eyadéma, puis par son fils et successeur.
• La période démocratique
La période qui va de 1960 à 1967 consacre l'impuissance du gouvernement à établir une vie politique régulière dans le cadre du pluripartisme et son incapacité à fédérer au nouvel État les autorités issues des anciens pouvoirs locaux. Dans un contexte d'austérité économique et de rigidité politique, une première crise éclate entre des militaires non intégrés à l'armée régulière et le président Olympio qui refusait d'incorporer aux forces de sécurité togolaises les nombreux vétérans issus de l'armée française, suspects d'hostilité au régime et souvent issus du Nord. Le 13 janvier 1963, un groupe de ces soldats, menés par le sergent Étienne Gnassingbé Eyadéma, opère un coup de force au cours duquel le chef de l'État est assassiné.
L'armée donne le pouvoir à Nicolas Grunitzky en tant que président, avec Antoine Méatchi, leader politique du Nord, comme vice-président. Le pouvoir est réparti entre les deux fonctions par la Constitution de la IIe République adoptée le 16 janvier 1963. Ce bicéphalisme ne résiste pas aux rivalités partisanes et, peu après avoir déjoué un coup d'État, l'armée prend le pouvoir le 13 janvier 1967 ; le colonel Eyadéma suspend la Constitution, dissout l'Assemblée nationale, interdit les partis politiques, installe un nouveau gouvernement militaire composé de ministres nordistes (Eyadéma étant lui-même un fils de paysans kabyé). Il annonce la tenue d'élections dès que possible.
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