À la mort de leur grand-père, Seldjouk, éponyme de la tribu et du futur sultanat (début du xie siècle), Tchaghri Beg et son frère Toghroul Beg quittent l'Asie centrale, passent en Transoxiane, puis se heurtent aux Ghaznévides qui, vaincus, abandonnent le Khorassan et les régions limitrophes à Tchaghri Beg (1035), tandis que Toghroul poursuit sa marche vers l'ouest, s'empare de Nichapour (1038), occupe le Khwarezm et se fait reconnaître comme le chef de la tribu des Seldjoukides, Tchaghri Beg conservant néanmoins une très large autonomie jusqu'à sa mort (1060). Toghroul Beg pénètre ensuite en Iran, occupe Hamadan et Isfahan (1051) dont il fait sa capitale ; puis, des troubles étant survenus à Bagdad, la capitale du califat abbasside, où les vizirs bouwayhides sont en plein déclin, les Fatimides d'Égypte envoient une armée d'intervention qui s'empare de Bagdad ; le calife al-Qā'im, qui s'est enfui de cette ville, fait alors appel à Toghroul Beg. Victorieux du général fatimide Basāsīrī, celui-ci reconquiert Bagdad le 15 décembre 1055, rétablit le calife sur le trône abbasside, devient son protecteur officiel, épouse sa fille et reçoit le titre de sultan ; il est alors le deuxième personnage du califat.
Toghroul Beg fait ensuite quelques incursions en Asie Mineure orientale byzantine et arménienne, en Azerbaïdjan, mais ne cherche pas à conquérir ces régions ; en revanche, il consolide le pouvoir seldjoukide sur l'Iran et l'Irak. Il meurt à Reyy le 4 septembre 1063, ayant fondé un État qui devait encore s'agrandir sous ses successeurs et permettre l'établissement définitif des Turcs dans le Proche-Orient.
Robert MANTRAN
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