Poète et philosophe sceptique grec, d'abord choriste au théâtre, Timon étudie la philosophie sous Stilpon de Mégare, puis devient le disciple et l'ami de Pyrrhon. Il enseigne lui-même la philosophie et la rhétorique à Chalcédoine. Ayant ainsi acquis une fortune considérable, il réside quelque temps en Égypte et en Macédoine avant de se fixer à Athènes. Adepte enthousiaste du scepticisme de Pyrrhon (né en 365), qui cherche le bonheur dans la « suspension du jugement » (le secret du bonheur est de se taire), il a laissé un ouvrage très célèbre : les Silles (c'est-à-dire les railleries), dont on ne possède que de rares fragments mais qui a fourni à l'Antiquité, notamment à Diogène Laërce et à Eusèbe de Césarée, d'importants témoignages sur l'école de Pyrrhon. (Les Sillescomprenaient trois livres de satires écrites en hexamètres, dirigées surtout contre les autres doctrines philosophiques : toutes les sectes y sont attaquées (Socrate est traité de « raisonneur » et d'« imposteur pédant », Platon d'« agréable parleur rival des cigales »...).
Les Anciens attribuent aussi à Timon un grand nombre de comédies et de tragédies, un poème en vers élégiaques intitulé […]
