Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

BURTON TIM (1959- )

Page précédente Page suivante

2.  Un merveilleux inquiétant

La même sensibilité s'exprime dans Edward aux mains d'argent (1990), premier film tourné avec Johnny Depp, qui va devenir une sorte d'alter ego du cinéaste. Dans ce conte en images, le héros est un garçon surnaturel qui fait des merveilles avec les ciseaux qu'il a pour mains, mais qui, par ses dons mêmes, sera exclu du monde des hommes et retournera vivre seul dans sa maison gothique. Batman n'est pas si loin : du tout-puissant justicier américain, Tim Burton a fait un être mélancolique, en proie à des traumas névrotiques, hanté par la mort, cloîtré dans le secret de sa double personnalité. Plus que l'action, où il n'excelle pas, c'est l'exercice du portrait qui intéresse le cinéaste. Dans Batman Returns, il donnera libre cours à ce plaisir avec une galerie de créatures étonnantes dont les rencontres et les duels constituent la seule véritable ligne narrative du film. Corps au croisement de l'humain et de l'animal, noirceur expressionniste des décors : Batman Returns tend vers l'abstraction comme vers le dévoilement de pulsions étranges, mortifères, derrière un jeu de masques toujours marqué par l'univers du cirque. Capable de donner une âme au plus criant artifice (les petits hommes verts de Mars Attacks !), mais aussi de rendre artificielle la moindre touche de réalisme (dans Mars Attacks !, la comédie strictement humaine n'est guère réussie), Tim Burton semble heureusement condamné à inventer encore et encore le cinéma qui pourra servir de cadre à son imaginaire.

Il lui faut cependant prendre en compte un principe de réalité intransigeant : le succès public est le premier impératif des studios américains, qui ont donné à Tim Burton les moyens de mettre ses rêves en images, mais peuvent toujours les lui reprendre. Cette menace tacite s'est faite plus concrète avec les échecs commerciaux de Ed Wood, et surtout de Mars Attacks !, au budget nettement plus conséquent. Sans renoncer à son goût pour une splendeur visuelle qui libère la magie des songes, l […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« BURTON TIM (1959- ) » est également traité dans :

CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE et LES NOCES FUNÈBRES (T. Burton)

Écrit par :  Raphaël BASSAN

Éloignés par le matériau utilisé (la mise en scène traditionnelle d'une part, l'animation de volumes de l'autre) et le propos (apologue cruel sur la société de consommation contemporaine versus conte macabre gothique). Charlie et la chocolaterie (2005) et Les Noces funèbres (2005) font se croiser la plupart des thèmes et des… Lire la suite
SLEEPY HOLLOW (T. Burton)

Écrit par :  Frédéric STRAUSS

Des gouttes de cire rouge sang scellent un testament secret... Une diligence fend la nuit, conduite par un cocher dont la tête vient d'être tranchée... Les premières scènes de Sleepy Hollow (1999) semblent sorties d'un musée de l'imagerie fantastique envahi par la poussière. Pourtant elles impressionnent, soutenues qu'elles sont par une… Lire la suite
SWEENEY TODD, LE DIABOLIQUE BARBIER DE FLEET STREET (T. Burton)

Écrit par :  Marc CERISUELO

À l'exception des amateurs éclairés – au premier rang desquels se place Alain Resnais –, l'œuvre de Stephen Sondheim est encore trop méconnue en France, et il y a malheureusement fort à parier qu'elle demeurera dans l'ombre tant la tradition du musical est éloignée de nos habitudes culturelles. Aux États-Unis, et en Grande-Bretagne,… Lire la suite
CINÉMA (Cinémas parallèles) - Le cinéma d'animation

Écrit par :  Bernard GÉNINAndré MARTIN

Dans le chapitre "Un nouvel âge de l'animation"  : …  an, pariant avec bonheur sur les nouvelles techniques grâce à une association avec John Lasseter. *Ils misent également sur un ancien animateur devenu une star d'Hollywood – Tim Burton, l'auteur de Batman (1989) – dont Disney produit un magnifique film de marionnettes (animé par Henry Selick), L'Étrange Noël de Mr. Jack (1993).… Lire la suite
COMÉDIE AMÉRICAINE, cinéma

Écrit par :  Joël MAGNY

Dans le chapitre "L'hybridation des genres"  : …  contamine sans cesse des genres hétérogènes par son esprit plus perturbateur que caustique. *Batman (1989), de Tim Burton, est-il un film d'aventures, de science-fiction, ou une comédie burlesque, vers quoi le personnage de Joker, interprété par Jack Nicholson, tire nettement le film ? De même, les films des frères Joel et Etan Coen (… Lire la suite
DEPP JOHNNY (1963- )

Écrit par :  Universalis

…  colle à la peau. En 1990, il quitte la série et tourne avec John Waters dans Cry-Baby et* Tim Burton dans Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent), deux cinéastes indépendants qui permettent à l'acteur de donner toute la mesure de son talent. Edward aux mains d'argent marque le début d'une longue… Lire la suite
FANTASTIQUE

Écrit par :  Roger CAILLOISJean-Claude ROMER

Dans le chapitre "Un renouveau du genre"  : …  (Eraserhead, 1977, Elephant Man, 1980), Joe Dante (Gremlins, 1984) ou *Tim Burton (Beetlejuice, 1988). La plupart élaboreront par la suite du fantastique très original. Ainsi David Lynch dans Lost Highway (1996) et Mulholland Drive (2001) ou Tim Burton dans Edward aux mains d'argent (… Lire la suite

Afficher la liste complète (7 références)

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média