Avec Properce et, une génération après lui, Ovide, Tibulle est le représentant du genre élégiaque à Rome. Il semble même qu'il ait été l'initiateur de l'élégie amoureuse de langue latine et ait montré la voie aux deux autres. Il appartient à une époque où la sensibilité romaine, après une longue période de guerres civiles, découvre les bienfaits de la paix. Tibulle est contemporain de Virgile, avec lequel il a des affinités poétiques. Comme Virgile, il aime la campagne, la vie champêtre, il est sensible à la poésie de la religion rustique. Mais il est, ce que Virgile n'est guère, un poète de l'amour, un poète amoureux, qui exprime ses propres sentiments à l'égard de trois êtres : Delia, qui fut son premier amour, Nemesis, qui la remplaça, et un jeune garçon, appelé Marathus.
On ne possède guère de renseignements sur la vie de Tibulle, et il faut reconstituer sa biographie d'une manière hypothétique. Aulus Albius Tibullus appartenait à une famille riche, mais qui fut ruinée, sans doute au cours des guerres civiles. On ne sait rien de son père. Tibulle ne parle que de sa mère et de sa sœur, auprès desquelles il semble av […]
Autres références
« TIBULLE (~50 env.-~19) » est également traité dans :
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LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature
Auteur :
Pierre GRIMAL
Dans le chapitre "Cet empire qui va naître" : …
siècle avant J.-C. l'élégie connut son apogée, avec (peut-être) Cornelius Gallus, et, sûrement, *Tibulle et Properce. En mêlant narrations mythologiques, descriptions, sentiments personnels, l'élégie continue l'esprit alexandrin. C'est à Rome que l'amour y reçoit la première place, et voici le genre profondément transformé : Gallus chante sa…
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PROPERCE (~57 env.-env. ~15)
Auteur :
Pierre GRIMAL
Dans le chapitre "Cynthia ou l'inspiration" : …
cette interdiction, à laquelle le poète fait allusion. Cynthia écrivait des vers, et c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles le poète lui a donné ce surnom (« celle du Cynthe », épithète apollinienne) ; *mais il faut aussi penser que l'exemple de la Délia de Tibulle a joué un rôle dans ce choix, le Cynthe étant la montagne de Délos…
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Bibliographie
Œuvres de Tibulle
Élégies, éd. et trad. M. Ponchont, Paris, 1931
éd. bilingue, choix et trad. P. Macris, La Différence, Paris, 1993. Éditions commentées : K. F. Smith, New York, 1913
L. Pichard, Paris, 1924
F. W. Lenz, Leyde, 1964.
Études
F. Cairns, Tibullus. A Hellenistic Poet at Rome, Cambridge, 1979
A. Cartault, Tibulle et les auteurs du Corpus tibullianum, Paris, 1909
P. Grimal, « Le Roman de Délie et le premier livre des élégies de Tibulle », in Revue des études anciennes, vol. LX, 1958
N. Salanitro, Tibullo, Naples, 1938
A. Sauvage, « Tibulle et son temps », in Latomus, vol. XXVIII, 1969.
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