On ne sait pas au juste si Thomas Watson fit ses études à Oxford et son droit à Londres. Mais il apprit beaucoup de latin et de grec, car, en 1581, il transposa l'Antigone de Sophocle en latin, et cédant à ce penchant, il fit de même pour l'Aminta du Tasse en 1585, et pour L'Enlèvement d'Hélène de Colouthos (poète grec du ve s.) en 1586. Il traduisit aussi des madrigaux italiens en latin, en 1590, et composa la même année une élégie (mais cette fois dans les deux langues, latin et anglais) à la mémoire de sir Francis Walsingham (1530-1590), le subtil conseiller d'Élisabeth.
Mais son droit à figurer dans l'histoire littéraire anglaise repose sur ses poèmes « personnels ». D'abord la série intitulée The Hekatompathia or Passionate Centurie of Love (1582, La Centurie d'amour passionnée), composition divisée en deux parties : les souffrances d'amour de l'auteur, et l'adieu à l'amour et à sa tyrannie. Ce poète savant ne craint pas d'indiquer au début de chaque poème (il y en a cent, comme le titre l'indique) ses sources et ses procédés. Quelquefois, le poème en entier est une traduction — la plupart du temps de Pé […]
