Théosophe et alchimiste, frère jumeau du célèbre poète Henry Vaughan (1622-1695), Thomas Vaughan est aussi un versificateur d'un certain talent. Parmi les ésotéristes qui sont si nombreux dans l'Angleterre du xviie siècle, il est l'un des plus souvent cités ; mais son œuvre (The Works of Thomas Vaughan, Mystic and Alchemist [Eugenius Philalethes], New York, 1968) est encore peu étudiée ; elle mériterait pourtant un examen approfondi, car l'alchimie de Vaughan, à la fois spirituelle et matérielle, intéresse autant la psychologie de l'imaginaire que l'histoire des courants de pensée de cette époque (S. Hutin, Les Disciples anglais de Jacob Böhme, Paris, 1960).
Thomas Vaughan, qui s'appelle aussi Eugenius Philalethes (ce qui l'a fait confondre avec Irénée Philalethes), étudie à Oxford, recueille l'enseignement d'Agrippa mais aussi de tout l'hermétisme traditionnel. Ses pages sur la lumière divine et le feu, d'une incontestable beauté (Lumen de lumine, or a New Magical Light, 1650 ; Aula lucis or the House of Light, 1651), peuvent être comparées à celles de Robert Fludd malgré leurs différences sur le plan théoso […]
