Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

ELIOT THOMAS STEARNS (1888-1965)

Page précédente Page suivante

3.  Le critique

Suivre ainsi l'œuvre poétique dans son déroulement chronologique, c'est en rendre compte de façon très arbitraire. En effet, Eliot n'a jamais cessé de porter sur ses propres poèmes le regard critique qu'il projetait sur toute œuvre littéraire soumise à son jugement. Il s'est défini lui-même comme un artisan de la poésie (a practitioner) et, comme un artisan cherche toujours à améliorer les techniques de son métier, le poète a, parallèlement et toute sa vie, mené les deux activités, créatrice et critique. Elles sont indissociables.

Il se range ainsi dans la lignée des grands critiques anglais qui ont aussi été des poètes (Ben Jonson, Dryden, Samuel Johnson, Coleridge, Matthew Arnold – et Paul Valéry en France), le critique aidant le poète à prendre mieux conscience de son art, le poète offrant au critique des sujets de méditation. Quelques essais célèbres écrits au début de sa carrière ont ainsi défini la fonction de la critique, la nature de l'œuvre littéraire, le sens et le rôle de la poésie dans les perspectives diverses d'une société civilisée et ont assigné au critique des devoirs essentiels.

D'abord, celui d'objectivité. Eliot répudie, non sans humour, la critique subjectiviste qui n'est que propagande et parodie. Il ne s'agit pas « d'ériger en lois ses impressions personnelles » (Remy de Gourmont) avant que l'effort d'explication, d'élucidation, de justification nécessaire ait fait état des éléments indispensables à l'énoncé d'un jugement de valeur, lequel ne peut être qu'une proposition mise sous les yeux du lecteur. C'est donc l'effort d'analyse dans l'humilité, l'effacement de soi qui est essentiel. Il faut, à chaque instant, se contraindre à vaincre ses goûts ou ses répulsions et, replaçant l'œuvre à expliciter dans la vaste perspective de la création littéraire, par une rigoureuse collaboration de l'intelligence et de la sensibilité, parvenir à structurer une attitude envers elle qui tiendrait compte de l'acquis et de la nouveauté.

Les premiers essais (Tradition and the […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« ELIOT THOMAS STEARNS (1888-1965) » est également traité dans :

ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

Écrit par :  Elisabeth ANGEL-PEREZJacques DARRASJean GATTÉGNOChristine JORDISAnn LECERCLEMario PRAZ

Dans le chapitre " La poésie contemporaine"  : …  provocation, que les deux grands poètes anglais du siècle sont deux Américains, Ezra Pound et T. S. *Eliot. Ezra Pound, venu de l'Idaho à travers Venise et la Provence, conquiert Londres de 1908 à 1920, lance l'imagisme en 1913, qu'il confisque à T. E. Hulme, affine le vers symboliste de Yeats, entraîne à sa suite vers la Méditerranée et Rapallo de… Lire la suite
BARNES DJUNA (1892-1982)

Écrit par :  Catherine ROVERA

Dans le chapitre "Parodie et modernisme"  : …  et d'un voile nuptial, un sabot levé dans l'économie et la crainte ». Lorsqu'il préfacera le roman,* T. S. Eliot déclarera que « seules les sensibilités exercées à la poésie pourront l'apprécier tout à fait ». Mais chez Djuna Barnes, la tentation poétique va de pair avec un goût prononcé pour les aphorismes et les épigrammes, et une véritable… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

Écrit par :  Marc CHÉNETIERRachel ERTELMichel FABREJean-Pierre MARTINPierre-Yves PÉTILLONBernard POLIJacques ROUBAUD

Dans le chapitre "Pound, Eliot, Williams : l'équidistance"  : …  de la beauté. C'est sur le versant conservateur d'un semblable attachement à la tradition que T. S. *Eliot propose ses réflexions sur la culture où la prime structuration de mythes en univers se transmue en religiosité. Les éclatantes pages de stérilité, de mort spirituelle et d'horreur de « La Terre Gaste » (The Waste Land) et les… Lire la suite
FRAZER JAMES GEORGE (1854-1941)

Écrit par :  Nicole BELMONT

Dans le chapitre "La théorie de la magie"  : …  Herbert Lawrence, y ont puisé l'idée que la nature humaine comporte un verso mystérieux et sombre. *Thomas Stearns  Eliot reconnaissait sa dette envers Frazer dans les notes pour The Waste Land (1921-1922) : « Je suis [...] redevable, d'une manière générale, à un autre ouvrage d'anthropologie qui a profondément influencé notre génération… Lire la suite
GEORGIENS POÈTES

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

Dans le chapitre "Naissance et définition"  : …  en 1922, année de la publication de La Terre vaine (The Waste Land) de T. S. *Eliot (1888-1965), poème qui sonna le glas de la poésie georgienne (encore que des poèmes de la même inspiration continuèrent de paraître) et l'avènement de la poésie nouvelle. Le volume de 1912, à l'exclusion d'un manifeste, s'ouvrait par une brève… Lire la suite
IMAGISTES

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

Dans le chapitre "Historique"  : …  était aussi le centre vivant des préoccupations littéraires du monde anglo-saxon. Pound et *Thomas Stearns Eliot en furent bientôt les figures dominantes, le second en marge du mouvement imagiste ; le premier, au contraire, un temps absorbé passionnément par ses turbulences. Au Club des poètes, où l'on débattait volontiers des problèmes de… Lire la suite
LA TERRE VAINE, livre de T. S. Eliot

Écrit par :  Marc PORÉE

T. S.Eliot *Avec La Terre vaine (1922), épopée moderniste condensée en 433 vers, T. S. Eliot (1888-1965) suit James Joyce et s'en démarque à la fois. Il avait lu des extraits d'Ulysse avant sa publication en 1922, et voyait dans le parallèle que Joyce créait avec l'œuvre d'HomèreLire la suite
TRAGÉDIE

Écrit par :  Bernard DORTJacques MORELJean-Pierre VERNANT

Dans le chapitre "Est-il une tragédie au XXe siècle ?"  : …  – le destin jaillissant de la famille ». Dans La Réunion de famille (1939), T. S. *Eliot utilise aussi L'Orestie : Harry, son Oreste, n'a qu'à entrouvrir les rideaux de la fenêtre pour apercevoir les Euménides. Cependant, Eliot en convient lui-même : « Elles [les Euménides] n'arrivent jamais à être des déesses grecques ou… Lire la suite

Afficher la liste complète (8 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

T. S. Eliot T. S. Eliot et W. B. Yeats

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média