Dirigeant de la Haute-Volta, puis du Burkina Faso, de 1983 à 1987.
Thomas Sankara est né le 21 décembre 1949, dans ce qui était encore la colonie de Haute-Volta, à Yako, village du Yatenga, l'un des principaux royaumes qui formaient l'Empire mossi, le Moogo, multiséculaire. Peul par son père et mossi (l'ethnie dominante) par sa mère, il gardera, sa vie durant, l'empreinte d'un milieu familial profondément imprégné à la fois des valeurs militaires et de religiosité chrétienne. Tirailleur voltaïque, Joseph, son père, participe aux guerres coloniales de la France. Se destinant tôt au métier des armes, Thomas parfait sa formation d'officier d'abord à l'académie militaire d'Antsirabé (Madagascar), ensuite à l'école militaire de Rabat (Maroc) : présidant à la destinée politique de son pays à partir du 4 août 1983, il s'illustrera par des discours fréquemment émaillés de références à l'Évangile, voire au Coran, associées à une inspiration marxisante, résultat de la fréquentation, dans les années 1970, d'étudiants africains issus des universités françaises.
Lorsqu'à la faveur d'un coup d'État il se saisit du pouvoir, le capitaine Sankara n'est pas un inconnu dans son pays. Il a déjà une réputation de héros national, forgée lors du premier confit frontalier avec le Mali, en 1974. Son aura mythique se confirme en 1982 quand, sous prétexte qu'on « bâillonnait » le peuple, il démissionne avec éclat de son poste de secrétaire d'État à l'Information dans le gouvernement militaire du colonel Saye Zerbo qui, deux ans auparavant, avait mis fin au régime civil de Sangoulé Lamizana.
Intelligent, expansif, volontiers disert, donnant l'impression de pouvoir s'exprimer sur tous les sujets avec une égale aisance, maîtrisant à la perfection l'art d'utiliser les médias et d'inspirer la sympathie, bref, doté d'un charisme incontestable, il apparaît naturellement comme le chef de file des jeunes officiers qui s'emparent des rênes de l'État dans la nuit du 4 août 1983. D'emblée, sous l'autorité d […]
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