Écrivain anglais, né à Lowestoft (Suffolk). Fils d'un ministre de l'Église anglicane, Thomas Nashe reçoit sa formation à Saint John's College (Cambridge), qui lui confère le grade de Bachelor of Arts en 1586. Un an plus tard, il devient à Londres un des membres les plus en vue des university wits (parmi lesquels John Lyly, Christopher Marlowe, Robert Greene, Thomas Lodge et George Peele), première génération de jeunes écrivains professionnels en Angleterre, qui furent les prédécesseurs immédiats de Shakespeare. Vivant uniquement de sa plume, il mène une existence précaire ; de temps à autre, il réussit à s'assurer la protection de certains grands du royaume.
Esprit mordant, usant d'un style flamboyant aux effets destructeurs, inspiré de la manière de Rabelais, il participe, en 1589-1590, à l'âpre controverse de « Martin Marprelate » en mettant sa plume au service de l'épiscopat anglican pour répliquer aux pamphlets des puritains. Son tempérament querelleur l'oppose, dans une féroce polémique personnelle, à l'érudit Gabriel Harvey, qu'il fustige par de cinglantes brochures : Strange Newes, 1592 (Étranges Nouvelles) et Have with you to Saffron-Walden, 1596 (Sus à vous). L'observation critique de la société de son temps fournit une abondante matière à ses dispositions satiriques : les travers humains autant que les modes littéraires sont impitoyablement dénoncés dans The Anatomie of Absurditie, 1589 (Anatomie de l'absurdité), tandis que Pierce Penilesse, 1592 (Pierre-sans-le-sou), son œuvre la plus célèbre, analyse les mœurs du temps selon le modèle traditionnel des péchés capitaux, incarnés par des portraits grotesques, première manifestation du « caractère » dans la littérature anglaise. Sa veine moralisante le conduit, dans Christs Teares over Jerusalem, 1593 (Les Larmes du Christ sur Jérusalem), à prophétiser le malheur de Londres, ville pécheresse à laquelle il tend un miroir où elle verra ses crimes.
Son humeur fantasque, alliée parfois à un certain sadisme, donne naissance à une œuvre romanesque inc […]
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