Le nom de Thomas Hope reste attaché au mouvement spécifiquement anglais du Greek Revival. Ce terme ne désigne pas un simple retour à des formes antiques plus ou moins indifférenciées, comme c'était le cas depuis plus d'un demi-siècle déjà, mais une véritable doctrine que l'on peut dater de 1804, année où Thomas Hope publia un virulent pamphlet contre le projet de James Wyatt pour le Downing College de Cambridge. Très tôt, aux origines mêmes du néo-classicisme, les voyageurs et les archéologues avaient souligné l'intérêt particulier des vestiges grecs. Les Anglais avaient ouvert la voie puisque, dès 1762, James Stuart et Nicholas Revett avaient publié leurs Antiquities of Athens ; on se souvient aussi du débat qui avait opposé le Français David Leroy à Piranèse à propos de la prééminence de l'architecture grecque sur l'architecture romaine. Bien d'autres découvertes, et surtout celles de Paestum et des ruines de la Grande-Grèce, étaient venues compléter la connaissance historique des monuments antiques. Mais curieusement, malgré les débats théoriques et quelques rares applications dans des constructions modestes (fabriques de jardins, par exemple), la plupart des architectes continuaient à employer les ordres classiques selon Vitruve ou Palladio. Les architectes révolutionnaires en France, Valadier en Italie et Friedrich Gilly en Allemagne ouvrirent de nouvelles perspectives en utilisant les ordres — et surtout le dorique grec — plus strictement. En ce début du xixe siècle, il semble donc que l'on entre dans une phase différente du néo-classicisme, celle d'un « archéologisme » dogmatique, lié à une étude scientifique des vestiges.
Thomas Hope illustre parfaitement ce nouveau comportement ; il devint le farouche défenseur des ordres grecs dans toute leur pureté. Ce n'était pas un architecte de profession, mais un riche amateur. Fils d'un marchand anglais d'Amsterdam, il put voyager pendant huit ans, observer, dessiner les vestiges avant d'élaborer sa doctrine sur la pr […]
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