2. Méthodes cinétiques
Nous ne dirons que peu de chose des méthodes cinétiques, car, bien que l'idée de départ en soit souvent séduisante, elles se heurtent dans la plupart des cas à des difficultés quasi insurmontables. Ce sont, en fait, des méthodes qui permettraient de déterminer la température d'un phénomène si l'on connaît sa durée, et inversement. Elles ne peuvent donc être utilisées en thermométrie si l'on ne possède pas aussi un chronomètre indépendant. Le point de départ est généralement l'existence de défauts dans les cristaux (niveaux d'impuretés, traces de fission dues aux éléments radioactifs, etc.). Sous l'influence d'un réchauffement, ces défauts disparaissent à une vitesse qui dépend de la température suivant une loi du type v = A e -E/RT, où E est l'énergie d'activation. Si l'on connaît la durée du réchauffement, le taux initial de défauts, et si l'on suppose que la température est restée constante tout au long du réchauffement, on peut obtenir cette température. On voit que le nombre de conditions à remplir est assez restrictif. En fait, ces méthodes ne peuvent donner de résultats valables que si la température monte assez brutalement à une valeur assez importante par rapport à l'énergie d'activation, c'est-à-dire si la cinétique est rapide. C'est le cas, par exemple, du réchauffement, par une intrusion, de la roche encaissante. En étudiant la disparition des traces de fission dans les cristaux de sphène et d'apatite du granite de Cathedral Peak (Californie) au voisinage d'une intrusion basaltique, L. C. Calk et C. W. Naeser ont ainsi retracé la distribution des températures maximales atteintes autour de cette intrusion : de 650 0C au voisinage de l'intrusion (2 mètres) à 150 0C à 300 mètres.
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