Du vivant du Buddha, les disciples s'affrontaient déjà à propos de l'interprétation à donner à tel ou tel de ses enseignements. Ces querelles prirent plus d'ampleur encore après sa mort et l'histoire du bouddhisme primitif est celui de luttes idéologiques, que des conciles essaient d'apaiser. Cependant, par-delà le clivage entre sectes rivales, on voit apparaître au cours des siècles une véritable scission entre deux grands courants auxquels on donne, à partir du ve siècle (soit près d'un millénaire après la prédication du Fondateur), les noms de Mahāyāna (mahāyāna : « Grand Moyen de progression » ou, selon une moins bonne traduction, « Grand Véhicule ») et de Hīnayāna (hīnayāna : « Petit Moyen de progression », ou « Petit Véhicule »). Cette dernière appellation se veut méprisante : elle a été forgée par les tenants du Mahāyāna pour marquer que leur façon d'interpréter la Parole du Buddha était supérieure à celle de leurs adversaires. Par réaction contre cette attitude, les adeptes du Hīnayāna s'affirment alors comme étant les theravādins, « ceux qui suivent l'enseignement des Anciens » (de theravāda : « opinion des anciens »). À y […]
