3. Empédocle et les pythagoriciens
Au milieu du ve siècle avant J.-C., Empédocle d'Agrigente tenta de concilier la permanence des substances avec le changement perpétuel des apparences de l'Univers. Ce qui nous apparaît comme le commencement ou la fin d'un être n'est qu'une illusion ; en réalité, il n'y a rien que mélange, réunion et combinaisons qui s'opposent à la séparation des constituants et à leur décomposition. Les éléments dont toutes choses sont composées consistent en quatre substances différentes, incréées et impérissables : la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Empédocle fut le fondateur de la doctrine classique des quatre éléments, déjà entrevue par ses prédécesseurs, mais à laquelle il a donné sa formule définitive.
Les quatre éléments répondent aux apparences et aux états de la matière. La Terre est le principe et le support de l'état solide et de la sécheresse. L'Eau, obtenue soit par fusion ignée, soit par dissolution, est le principe et le support de l'état liquide et du froid. L'Air, celui de l'état volatil et gazeux. Le Feu, plus subtil, répond à la fois à la notion de fluide éthéré, support symbolique de la lumière, de la chaleur, des affinités et à la notion phénoménale du mouvement des particules des corps. Tels étaient, pour Empédocle et ses successeurs, les éléments de l'Univers. Il importe d'observer que si leurs mélanges et leurs combinaisons produisent tous les corps naturels, les éléments, dans ce système, ne sont pas susceptibles d'être transformés : ils subsistent par eux-mêmes et ne se peuvent changer les uns en les autres.
Ces notions générales prirent chez les pythagoriciens des formes plus précises. Ils ajoutèrent à ces aperçus des conceptions mathématiques et géométriques dérivées de l'unité, envisagée comme l'éternelle génératrice des nombres. D'après Philolaüs (vers 450 av. J.-C.), la Terre est constituée par le cube, le Feu par le tétraèdre, l'Air par l'octaèdre, l'Eau par l'icosaèdre. Le cinquième élément, qui comprend les astres et leur sert de lien, correspon […]
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