La théorie du plasma germinatif, élaborée expérimentalement, indépendamment, par les biologistes allemands August Weismann (1883) et Wilhelm Roux (1888), a été formalisée dans l'ouvrage de Weismann publié en 1892 et intitulé Das Keimplasma. Eine Theorie der Vererbung (traduit en anglais en 1915, Germ Plasm : a Theory of Heredity). C'est une théorie du développement embryonnaire qui postule que, puisque les chromosomes sont les vecteurs de l'hérédité et que l'ovule et le spermatozoïde contribuent à la constitution chromosomique de l'embryon, alors les cellules germinales (le germen, à l'origine des cellules sexuelles ou gamètes), qui assurent la transmission des caractères de l'espèce, doivent conserver la totalité de l'information contenue dans le noyau de l'œuf fécondé. Cette information serait, en revanche, irréversiblement perdue au cours de la différenciation des autres cellules (le soma) qui sont responsables de la construction de l'organisme adulte. Cette théorie conduisait au rejet définitif de la transmission des caractères acquis (pas d'influence du soma sur le germen) mais elle admettait une instabilité génétique résultant, à chaque génération, des apports parentaux (d'où réassortiments germinaux modifiant le soma).
Le clonage par transfert de noyaux a permis de démontrer que la différenciation des cellules somatiques résulte du fonctionnement différentiel de l'activité des gènes et non de leur élimination par modifications structurelles du noyau au cours des nombreuses divisions successives. En revanche, on sait maintenant, depuis la naissance de la brebis Dolly – premier mammifère cloné – que cette différenciation nucléaire peut être réversible puisque cet animal a été obtenu à partir d'un noyau issu d'une cellule somatique (en l'occurrence, une cellule mammaire).
Jean-Paul RENARD
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