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THÉORIE DE LA CLASSE DE LOISIR, livre de Thorstein Veblen

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2.  Un projet pragmatiste et darwinien

L'inspiration est double. Elle marquera toute l'œuvre de Veblen. D'une part, le pragmatisme américain de Charles S. Pierce, William James et John Dewey, à qui il emprunte une épistémologie spécifique aux sciences sociales, ni déductive ni inductive, mais « abductive » – c'est-à-dire qui infère le différent à partir de ce qui est observé (contrairement à l'induction, qui infère le semblable à partir du semblable) : dans cette nouvelle définition de la construction scientifique, l'abduction suggère des hypothèses nouvelles, que la déduction développe et que l'induction vérifie ou falsifie – et une philosophie de la connaissance fondée sur « l'expérience ». D'autre part, le projet « darwinien », développé par Herbert Spencer et William Graham Sumner, de construire une science économique évolutionniste, fondée sur les notions d'adaptation, d'apprentissage, d'évolution ou encore de sélection des institutions.

L'un et l'autre projet conduisent Veblen à faire de la notion même de classe de loisir le levier d'une opposition ouverte, analytique autant que méthodologique, à l'égard de l'orthodoxie économique de son temps, considérée comme « irrémédiablement dépassée ». La cible en est la figure de l'Homo œconomicus, que Veblen oppose aux impératifs industriels – annonçant là deux de ses thèses les plus fortes, celle de la critique de l'utilitarisme économique et celle d'une opposition irréductible entre la logique industrielle et la logique financière. « Partout où la culture de l'argent domine, note-t-il, le processus de sélection, qui façonne les habitudes mentales et décide de la survivance des lignages rivaux, opère à court terme sur la base de l'aptitude à acquérir. Par conséquent [...] toutes les professions tendraient à sélectionner les hommes à cette fin que le tempérament pécuniaire dominât sans partage. Il s'ensuivrait que le type connu sous le nom d'„homme économique“ serait consacré comme type humain normal et définitif. Or cet „homme économique“ [...] ne présente aucune utilité pour les tâches de l'industrie moderne. » Cette critique large, qui emprunte à l'histoire, à la sociologie, voire à l'anthropologie, constituera le trait commun du courant institutionnaliste américain représenté par John Roger Commons (1862-1945), Wesley Clair Mitchell (1874-1948) et John Maurice Clark (1884-1963) pour les fondateurs, mais aussi, dans la seconde moitié du xxe siècle, par des auteurs comme Karl Polanyi, Clarence Ayres, C. Wright Mills, John Kenneth Galbraith ou Albert O. Hirschman.

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INSTITUTIONNALISME, économie

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Dans le chapitre "L'approche évolutionnaire de l'institution"  : …  pour Commons. La théorie de l'institution de la consommation et du loisir développée par Veblen dans* Théorie de la classe de loisir (1899) fournit une bonne illustration de ce processus d'évolution. Veblen met en avant le renforcement des institutions dites « cérémonielles » face aux mentalités « industrielles ». La propriété est née de l'… Lire la suite
VEBLEN THORSTEIN (1857-1929)

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…  de la connaissance et les racines psychosociologiques des motivations dans la compétition sociale. *Dans son principal ouvrage The Theory of the Leisure Class (1899), qui est une analyse critique de la vie sociale aux États-Unis, Veblen étudie la classe oisive des hommes d'affaires, qui, socialement isolée, est incapable de s'adapter aux… Lire la suite

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