5. Information et biologie
Informer consiste à délivrer des indications qui seront utilisables opérationnellement par le destinataire du message. L'étymologie du mot information connote donc ce terme avec des notions telles que « mise en forme », « constitution de contenu », « production de sens », qui ont, depuis Aristote, servi à expliquer les effets génésiques de la reproduction sexuée. De nos jours, l'idée d'information, appliquée à la biologie cellulaire et, ensuite, largement utilisée en génétique moléculaire, n'est-elle encore qu'une simple métaphore ?
De la théorie (Watson et Crick : la double hélice) à la pratique (H. Boyer : les manipulations génétiques), il ressort que l'ADN du noyau cellulaire – et des chromosomes qu'il recèle – a bel et bien les propriétés d'un vecteur d'information au sens de la théorie de Shannon. C'est en effet une molécule séquentiellement définie, autoréplicative et porteuse d'un code permettant la synthèse spécifique des molécules-outils que sont les protéines cellulaires. On a donc l'habitude, en biologie, de parler de molécule porteuse d'information quand on se réfère aux caractéristiques fonctionnelles de l'ADN (acide désoxyribonucléique) et, par extension, à celles de l'ARN (acide ribonucléique). D'après la théorie de l'information de Shannon (1948), les protéines sont également des molécules porteuses d'information puisqu'elles possèdent une structure séquentielle, d'ailleurs codée par celle des ADN. Mais elles sont aussi porteuses d'information au sens de signaux, de par leur structure tridimensionnelle. Or le repliement dans l'espace qui conditionne cette structure n'est pas réductible à la séquence d'acides aminés, donc ne se limite pas au code génétique qui détermine cette séquence, alors que c'est la structure tridimensionnelle qui conditionne l'activité enzymatique des protéines.
Au sens shannonien de la notion d'information, la qualification de porteuses d'information convient parfaitement pour préciser la fonction biologiqu […]
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