3. Valeur de l'information
Dans nos exemples, nous avons envisagé un programme de traitement de texte. Il est clair que la compilation d'un programme source en un programme exécutable crée de l'information de valeur. Le but recherché est double : avoir une forme compacte d'un algorithme rapide réalisant une famille de calculs. Notons que :
– plus le code est rapide plus la compilation possède de valeur ;
– plus le code compilé est compact plus il a de la valeur (aujourd'hui, contrairement à ce qui se passait dans les années 1970, on favorise la rapidité aux dépens de l'espace) ;
– plus nombreux sont les problèmes traités par le programme compilé, plus sa valeur est grande.
La valeur de l'information contenue dans un programme compilé est un mélange de ces trois qualités (rapidité, compacité, variété des problèmes traités), et d'autres encore comme l'originalité, la portabilité, etc. La valeur de l'information d'un programme compilé ne se laisse donc pas réduire à un seul aspect : le contenu en information d'un programme compilé n'est ni l'information algorithmique de Kolmogorov, ni l'information donnée par la théorie de Shannon. De même, si l'on considère que le but poursuivi est de nature pratique, par exemple survivre dans un milieu donné, ou gagner le plus possible d'argent tel jour à la Bourse de Paris, alors la valeur de l'information d'une chaîne de caractères s se mesurera en fonction du but. Une information de grande valeur, ce sera l'endroit où aller chercher tel aliment, ou ce sera le nom de l'action boursière qui va monter. Aucune théorie générale de l'information ne prend en compte tous les aspects pragmatiques déterminant la valeur des chaînes de caractères. Que les théories générales (comme celles de Kolmogorov ou Shannon) puissent jouer des rôles particuliers en physique, en biologie ou ailleurs ne fait pas de doute, mais il faut garder à l'esprit qu'aucune ne constituera jamais la théorie générale de l'information.
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