La poésie de Théognis de Mégare est une poésie élégiaque : écrites en distiques (petites strophes composées d'un vers long, l'hexamètre, et d'un vers plus court, le pentamètre), les élégies peuvent exprimer les sentiments les plus divers. Ainsi, l'œuvre de Théognis de Mégare, écrite en dialecte ionien, est la plus considérable de la poésie dite gnomique, c'est-à-dire la poésie morale de maximes. Cependant, s'il passe pour un écrivain didactique, Théognis n'est pas un faiseur de maximes : le recueil de quatorze cents vers qu'on possède de lui est en fait un choix de morceaux destinés à la jeunesse et contenant surtout des maximes de morale. Mais l'œuvre originale comprend aussi des élégies d'un ton personnel. Théognis s'adresse à ses amis et, en particulier, à un jeune noble nommé Cyrnos (Kurnos). Il témoigne d'un tempérament violent et d'un orgueil que l'humiliation a exacerbé. Son amertume et sa colère viennent de ce qu'il fut le témoin et la victime des luttes politiques qui déchirent Mégare au ~ vie siècle. Aristocrate terrien, il est exilé lorsque la démocratie triomphe ; convaincu que la dislocation de la vieille aristocratie est à l'origine de tous les […]
