2. Le théâtre non traditionnel
• Théâtre populaire
Parallèlement à ce théâtre conventionnel s'est développé en Inde, depuis un temps également immémorial, un théâtre non écrit de forme assez fruste mais présentant un intéressant répertoire de folklore où alternent dialogues, chants, intermède musical ou dansé. Manifestant la vigueur que laisse l'indépendance, combinant tradition orale et improvisation, il a sans cesse « alimenté, inconsciemment dirigé le théâtre proprement littéraire ». Les drames de Tagore, par exemple, n'ont-ils pas, en s'appuyant sur des légendes du Bengale, obtenu l'attention du public en répondant à sa sensibilité ?
Le vrai théâtre populaire a surtout lieu dans les campagnes. Mulk Raj Anand, durant une nuit entière, assista avec émotion, à Guntur, dans l'État de Madras, à une représentation de la ballade de Venkataramani dite par trois jeunes paysans. Trente mille spectateurs attentifs et passionnés y reprenaient les refrains en chœur !
Chaque province, selon son goût et ses moyens d'expression, présente des particularités. En pays marathe, on assiste à des drames historiques, des comédies sociales ou satiriques. En pays andhra, on puise l'inspiration plus spécialement dans le terroir. Un des éléments de la réalisation est la burrakathā, récitation bardique mêlée de chant populaire (en langue télougou) à trois personnages dont l'un est le maître de jeu, les deux autres chantant en s'accompagnant d'un tambour oblong. Et c'est encore dans le sud de l'Inde, en pays tamoul et andhra, que se pratique le théâtre d'ombres pour exprimer des scènes du Rāmāyana et du Mahābhārata : derrière une toile tendue et éclairée, des figurines de peaux découpées, animées par un manipulateur (analogue au wayang kulit de Java) ou suspendues à plusieurs fils actionnant le corps et les bras (technique du wayang golek), apparaissent en transparence.
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