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ABSURDE THÉÂTRE DE L'

Pris dans une acception large et diffuse, « absurde » peut être employé pour caractériser des œuvres littéraires qui témoignent d'une angoisse existentielle, celle de l'individu égaré dans un monde dont l'ordre et le sens lui échappent. Ainsi des romans de Kafka, par exemple. Mais la principale incarnation littéraire du terme reste l'expression « théâtre de l'absurde » qui, pour communément reçue qu'elle soit, se révèle extrêmement ambiguë. On l'emploie, à la suite de Martin Esslin, pour regrouper des écritures théâtrales, apparues dans les années 1950, en fin de compte fort distinctes les unes des autres – en premier lieu celles de Beckett, Ionesco ou Adamov. Cette formulation représente en fait le croisement d'un groupement d'œuvres (le « nouveau théâtre ») et d'un arrière-plan philosophique – celui de l'existentialisme sartrien et du Camus du Mythe de Sisyphe (1942). Si le second s'est ainsi retrouvé plaqué sur le premier, c'est de manière assez réductrice, même s'il est évident qu'ils participent d'un fonds commun, qui serait une vision pessimiste et tragique de la condition humaine, prenant ses sources dans les conséquences existentielles de la « mort de Dieu » et les remises en causes idéologiques de la modernité, et qui se confirmerait après la Seconde Guerre mondiale et après Auschwitz dans l'expérience de l'absence d'un sens qui rédimerait l'existence humaine. Le paradoxe est cependant que ce qu'on a voulu appeler le « théâtre de l'absurde » s'est en particulier instauré en opposition au théâtre « d'idées », qui greffait un propos philosophique sur une forme théâtrale traditionnelle, tel que Sartre et Camus notamment le pratiquaient. Plus largement, c'est au théâtre bourgeois en règle générale qu'il s'oppose. En cela, s'il fallait lui trouver des prédécesseurs, ce serait plutôt du côté de Jarry ou du théâtre surréaliste (celui de Roger Vitrac), sans prétendre cependant en rien établir ainsi une filiation directe.

Avant même la vision qu'il peut laisser trans […]

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ADAMOV ARTHUR (1908-1970)

Écrit par :  Jacques POULET

Dans le chapitre "Un théâtre d'exil"  : …  et de plus en plus ouvertement, avec les angoisses de la vie du jour, de la vie sociale non dominée.* Ses premières pièces (La Parodie, écrite en 1947 ; L'Invasion, 1949 ; La Grande et la Petite Manœuvre, 1950 ; Le Professeur Taranne, 1951 ; Tous contre tous, 1952 ; Le Sens de la marche, 1953 ;… Lire la suite
ALBEE EDWARD (1928- )

Écrit par :  Marie-Claire PASQUIER

…  qu'il y avait une place à prendre pour acclimater en Amérique ce qu'on a appelé le « théâtre de l'*absurde ». Le rôle d'Albee aura été, de ce point de vue, comparable à celui que joua Pinter en Angleterre : enraciner dans un contexte national la remise en cause, par un Beckett ou un Ionesco, du réalisme psychologique et social. Pinter donnait une… Lire la suite
ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

Écrit par :  Elisabeth ANGEL-PEREZJacques DARRASJean GATTÉGNOChristine JORDISAnn LECERCLEMario PRAZ

Dans le chapitre "La Nouvelle Vague (1956-1969)"  : …  antiréaliste, proche du théâtre épique de Brecht avec essentiellement Arden, le théâtre dit de l'*absurde, dont relèvent non seulement Beckett et Pinter, mais également le nonsense d'un N. F. Simpson et, enfin, l'humour noir et la comédie grinçante par lesquels Joe Orton renouvelle la tradition de la farce. Ce n'est pas seulement l'… Lire la suite
AVANT-GARDE

Écrit par :  Marie-Laure BERNADACNicole BRENEZAntoine GARRIGUESJacinto LAGEIRAOlivier NEVEUX

Dans le chapitre "L'avant-garde au théâtre"  : …  des metteurs en scène ont ainsi pu être assimilés à une avant-garde interne au genre considéré.* Ainsi du théâtre dit de l'absurde qui, dans les années 1950, est venu caractériser en France des œuvres aussi différentes que celles de Beckett, Ionesco ou Adamov. L'appellation d'avant-garde se confond ici avec une autre notion : une modernité… Lire la suite
BECKETT SAMUEL (1906-1989)

Écrit par :  Jean-Pierre SARRAZAC

…  Théâtre aussi – pour reprendre une expression chère à un autre dramaturge de ce théâtre dit de l'*absurde, Arthur Adamov – de la littéralité. « Une pièce de théâtre, note l'auteur de La Parodie dans des termes qui conviennent également à celui de En attendant Godot, doit être le lieu où le monde visible et le monde… Lire la suite
CAMUS ALBERT (1913-1960)

Écrit par :  Jacqueline LÉVI-VALENSI

Dans le chapitre "De l'absurde à la révolte"  : …  L'histoire, selon lui, ne peut donner un sens à la vie, qui n'en a pas d'autre qu'elle-même. *Caligula, dont une première version romantique et lyrique est achevée en 1941, mais qui ne sera joué qu'en 1945, dans un texte à la fois plus amer et plus politisé, L'Étranger et Le Mythe de Sisyphe, publiés en 1942, LeLire la suite
LA CANTATRICE CHAUVE, Eugène Ionesco

Écrit par :  David LESCOT

EugèneIonesco *C'est avec très peu de moyens que le metteur en scène Nicolas Bataille créa au théâtre des Noctambules, à Paris, en mai 1950, La Cantatrice chauve , première pièce d'Eugène Ionesco et probablement la plus emblématique de ce qu'on nommera en France « le théâtre de l'absurdeLire la suite
EN ATTENDANT GODOT, Samuel Beckett

Écrit par :  David LESCOT

Dans le chapitre "Parler pour tuer le temps"  : …  à Vladimir et à Estragon, le souvenir vague de vendanges dans le Vaucluse) se prêtent au doute. *C'est ainsi que s'opère un renversement des conditions du drame : aucune intrigue ni action unifiée ne s'inscrit dans le continuum temporel ; c'est le temps lui-même qui occupe la représentation tout entière, à tel point que la situation des… Lire la suite
IONESCO EUGÈNE (1912-1994)

Écrit par :  Philippe SELLIER

Dans le chapitre "L'effondrement du langage"  : …  *Il décide d'apprendre l'anglais, et c'est en l'étudiant avec la méthode Assimil que l'idée lui vient de La Cantatrice chauve dont une partie du dialogue imite les phrases incohérentes d'un manuel de conversation courante en langue étrangère. « Les répliques du manuel, que j'avais pourtant correctement, soigneusement copiées les unes à la… Lire la suite
MROZEK SLAWOMIR (1929- )

Écrit par :  Daniel ZERKI

… *Né à Borzecin, près de Cracovie, Slawomir Mrozek est un auteur dramatique polonais. Après des études classiques, il entre à l'école supérieure de journalisme de Cracovie, collabore à divers journaux, s'intéresse au dessin et enfin au théâtre. Il se fait connaître avec un recueil de nouvelles, L'Éléphant (1950), qui obtient un prix… Lire la suite
PINTER HAROLD (1930-2008)

Écrit par :  Ann LECERCLE

Dans le chapitre "Une dramaturgie de l'Innommable"  : …  d'origine populaire, l'œuvre de Pinter se situe au carrefour de deux genres : le théâtre dit de l'*Absurde et un genre spécifiquement britannique, le néo-naturalisme de l'école de la Cuisine – d'après La Cuisine d'Arnold Wesker. Pour des auteurs comme Wesker, la peinture réaliste d'un cadre de vie et d'un langage est le véhicule d'une… Lire la suite
RHINOCÉROS, Eugène Ionesco

Écrit par :  Guy BELZANE

EugèneIonesco *Créé le 6 novembre 1959 à Düsseldorf par la Schauspielhaus dans une mise en scène de Karl-Heinz Stroux, et donné pour la première fois en France l'année suivante à Paris, au théâtre de l'Odéon par Jean-Louis Barrault, Rhinocéros, qui fut d'abord une nouvelle publiée en 1957Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - Le nouveau théâtre

Écrit par :  Bernard DORT

…  aucun ou admettre tous les sens possibles. Le « nouveau théâtre » fut baptisé « théâtre de l'*absurde » et réintégré ainsi dans une tradition qui, pour n'être pas celle de Racine ou de Molière (du Molière petit-bourgeois de la Comédie-Française au moins), n'en avait pas moins ses lettres de noblesse, de Jarry à Kafka, de Büchner à Strindberg… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - La scène

Écrit par :  Alfred SIMON

Dans le chapitre "Notre temps"  : …  de cette époque, la dramaturgie nouvelle des petits théâtres connue sous le nom de « théâtre de l'*absurde » et la décentralisation dramatique en province. La rencontre entre ces deux phénomènes n'a pas eu lieu non plus, ou du moins elle est venue trop tard. La mise en scène du théâtre de l'absurde s'est faite sans moyens, sous la direction de… Lire la suite
THÉÂTRES DE LA RIVE GAUCHE

Écrit par :  Colette GODARD

… *Alors que, sur la rive droite, le Boulevard visait et obtenait les grosses recettes, alors que prenait forme, avec éclat au T.N.P., plus difficilement en province, un théâtre à vocation populaire, quelques pauvres petites salles, presque toutes situées sur la rive gauche de la Seine, démunies de soutien financier public comme privé, se sont payé le… Lire la suite

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