L'image du théâtre amateur en France est en pleine transformation. Parce qu'il a beaucoup évolué, mais surtout, paradoxalement, parce qu'il s'est retrouvé lui-même. Après avoir été très longtemps ignoré, en effet, ce théâtre est désormais sur le devant de la scène. En 1996 paraissait une grande enquête du Département des études et de la prospective (D.E.P.) sur les activités artistiques en amateur. En 1998, au moment où se créait au ministère de la Culture et de la Communication un « bureau des pratiques amateurs », un peu avant le protocole d'accord avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, tutelle officielle de ces pratiques, commençait au C.N.R.S., dans un laboratoire dédié aux arts du spectacle, une réflexion collective sur un mode d'exercice du jeu dramatique jusque-là presque totalement négligé par les spécialistes. La sociologie, seule discipline à s'intéresser au théâtre amateur, ne le distinguait pas de l'ensemble composite de toutes les formes où les acteurs ne sont pas des professionnels (théâtre scolaire, stages de communication, théâtre d'agitation, etc.).
Pourtant, amateur ne s […]
