L'histoire vivante du Velvet Underground couvre quatre années à peine et les quelques albums qui en sont issus sont passés inaperçus au moment de leur parution ; c'est plus tard que le groupe a accédé à la légende. Entre 1966 et 1969, le Velvet fut cependant le lieu d'une des révolutions musicales les plus extraordinaires du xxe siècle.
New York, 1964 : l'Américain Lou Reed (né le 2 mars 1942) vient de finir ses études en littérature anglaise et végète dans une petite maison de disques qui lui demande de recruter des musiciens pour des animations commerciales. John Cale (né le 9 mars 1942), un Gallois venu aux États-Unis pour étudier la musique auprès de John Cage et de Iannis Xenakis, se présente à lui : la négociation d'embauche traîne en longueur, jusqu'au moment où Lou Reed lui présente le morceau Heroin qu'il vient d'écrire. Cale est immédiatement enthousiaste. Amoureux des mots, passionné de poésie et de littérature, Lou Reed livre sa guitare aux formes binaires du rock et du folk ; John Cale joue de l'alto et du piano, de la basse aussi, et il aime l'atonalité, la distorsion et les musiques expérimentales. Reed et Cale s'adjoignent assez rapidement Maureen « Moe » Tucker (née le 26 août 1945), étrange batteuse qui joue debout sur des tambours plutôt rudimentaires. Le guitariste Sterling Morrison (Holmes Sterling Morrison Jr., 29 août 1942-30 août 1995) les rejoint en 1965. Ils empruntent le nom de leur groupe, The Velvet Underground, au titre d'un livre consacré aux perversions sexuelles aux États-Unis.
Lourdes galères, petits contrats. Tandis qu'ils achèvent une prestation au Café Bizarre de Greenwich Village, le cinéaste Paul Morrissey et Gerard Malanga, deux associés d'Andy Warhol alors très en vue sur la scène artistique new-yorkaise, leur proposent de rencontrer le patron de la Factory. Nous sommes au début de 1966. Warhol les engage pour l'accompagnement de ses expositions et intègre au groupe la chanteuse allemande Nico (Christa Päffgen, 16 octobre 1938-18 juillet 1988), qui apparaît sur scène vêtue de blanc tan […]
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