L'article de Fischer Black et Myron Scholes « The Pricing of Options and Corporate Liabilities » (L'Évaluation des options et des dettes privées), paru en mai 1973 dans le Journal of Political Economy, présente une nouvelle méthode d'évaluation des options, instruments financiers de première importance sur les marchés dérivés. La formule proposée par Black et Scholes reste amplement utilisée par les opérateurs sur les marchés de capitaux et a radicalement modifié la façon d'appréhender et de gérer les risques. Ces travaux, menés en parallèle avec ceux de Robert C. Merton (publiés la même année), ont d'ailleurs largement contribué au phénomène d'innovation financière et au développement des marchés et furent, à ce titre, récompensés par la fondation Nobel en 1997.
1. Que vaut une option ?
Les marchés à terme permettent de prendre position sur l'évolution d'un actif (marchandise, devise, action, indice, etc.), dans le but de limiter les risques ou de spéculer. En particulier, les options offrent la possibilité de se couvrir contre les événements défavorables, tout en bénéficiant des événements favorables. Considérons une option qui donne le droit d'acheter à l'échéance T une action à un prix K (le prix d'exercice). Le gain de l'acheteur, et par conséquent le prix qu'il est prêt à payer (la prime), dépend positivement, et de façon non linéaire, du cours de l'action à l'échéance ST : si ST > K, il peut simultanément vendre l'action au comptant au prix ST et l'acheter auprès du vendeur de l'option qui s'y est engagé par contrat au prix K ; si ST ≤ K, il n'a aucune obligation d'achat. Le gain, une fois la prime payée, est donc égal à ST — K dans le premier cas, tandis qu'il est nul dans le second. À l'inverse, puisqu'il s'agit d'un jeu à somme nulle, le vendeur perd ST – K si cette différence est positive. Pour les deux parties, il s'agit donc, à première vue, d'un simple pari sur l'avenir. Black et Scholes ont cependant montré que la valeur de l'option n'est pas fonction des prix fu […]
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