Son
The Cake-walk The Cake-Walk, Orchestre anonyme probablement à New York, vers 1900
Crédits: Musique: "The cake-walk" Orchestre anonyme (Disques Frémeaux et associés Réf. FA067).
Image: © Jaquette From Cake-Walk to Ragtime 1898-1916, Disques Frémeaux et associés Réf. FA067.
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Source du jazz, le cake-walk est d'abord une danse que les esclaves des plantations du sud des États-Unis pratiquent pour parodier leurs maîtres. Parfois accompagnée par le banjo, la musique du cake-walk est utilisée, dès le début du xixe siècle, par les minstrels et sert aussi de support aux concours de danse. Il va finalement se fondre dans le ragtime et influencera la musique de parade de La Nouvelle-Orléans.
Sa syncope à l'intérieur du temps rencontre à tel point les faveurs du public qu'il est fixé sous la forme de partitions à la toute fin du xixe siècle (Blackville Society, de Bernard Franklin, ou A Breeze from Blackville, de F. T McGrath, tous deux publiés en 1899, par exemple). Comme le two-step, le cake-walk est facile à danser et les mêmes partitions servent pour les deux, ce qui induit un certain mélange des genres.
À l'image du Rastus on Parade de Kerry Mills (1895), ce cake-walk anonyme – on ne dispose d'aucune information sur les circonstances de l'enregistrement ou sur l'orchestre – débute dans une tonalité mineure, puis évolue vers sa gamme relative à la fin de l'extrait. Les influences africaines sont parfaitement perceptibles dans le point d'orgue d'ouverture. On a affaire ici à une musique «écrite», dont chaque partie a sans doute été mémorisée par les musiciens, qui manifestent une certaine liberté dans leur interprétation.
À l'écoute de cette plage, on comprend comment, avec des instruments récupérés lors de leurs séjours sous les drapeaux, les musiciens noirs jouaient dans les fanfares. Ces marching bands interprétaient une musique syncopée à deux temps, inspirée du cake-walk original, mais dont on ne connaît pas la forme exacte. Le ragtime sera quant à lui mieux conservé, grâce au rouleau qui fixe précisément les détails de l'interprétation.
Eugène LLEDO
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