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That's life, BROWN (James)

Figure emblématique de la musique populaire et symbole de la fierté des Afro-Américains, James Brown (né, selon ses dires, en 1933, mais, selon certains de ses biographes, en 1928) peut se targuer d'avoir traversé les différentes phases de la musique électrique noire en les marquant du sceau de son génie. Naissant musicalement dans le gospel des années 1950 puis passant du rhythm and blues à la soul music et enfin au funk, il hantera le rap des années 1980, qui sample abondamment sa musique.

Celui que l'on a surnommé le «Godfather of Soul», le «Soul Brother Number One» ou encore «Mr. Dynamite» est un interprète majeur et un performer spectaculaire: sur scène, il danse, chante, hurle, interpelle le public, fait vivre ses chansons dans une dramaturgie quasi liturgique dont l'album Live at the Apollo constitue une trace sonore marquante.

James Brown s'est largement inspiré du gospel et du blues dans son chant, en en exagérant les aspects funky, c'est-à-dire bruts et «sales». Comme meneur d'hommes et arrangeur intuitif, il a géré d'une main de fer – ce qui lui vaudra un autre surnom, «The Hardest Working Man in Show Business» – des groupes de musiciens hors pair comme The Flames, The JB's, ou l'équipe de l'arrangeur Alfred «Pee Wee» Ellis. Le Godfather of Soul a ainsi presque inventé le funk à lui seul en enregistrant des morceaux mythiques de groove comme Funky DrummerSex Machine (1970) ou Soul Power (1971). Il a également formé un nombre considérable de disciples funky, parmi lesquels Maceo Parker et William «Bootsy» Collins. Sa carrière connut peu d'éclipses, car il sut constamment évoluer et anticiper: c'est ainsi qu'il intégrera des éléments hip-hop et des voix R and B dans un album réalisé avec le groupe de rap Full Force (1988).

Dans cet extrait, qui est la coda de la chanson That's Life, l'interaction entre les exhortations du chanteur et les réponses des musiciens de l'orchestre est dans la droite lignée du ring shout des esclaves et du preaching des negro spirituals. Le chant a cappella présente une grande variété de jeu sur le timbre et d'autres procédés mélodiques comme des blue notes, des cris, des bruits de gorges produisant un effet de déchirement, et notamment des portamentos. Il s'agit de produire une tension grandissante avant l'explosion finale. Le point d'orgue où le groupe rejoint son leader accompagne une longue note infléchie dont l'intonation est parfaitement maîtrisée à des fins expressives. Elle vient effectivement conclure la chanson comme un véritable cri libérateur.

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