4. Caractères socioculturels
L'ensemble de la culture thai, tout particulièrement celle des Siamois et des Laotiens, a reçu des influences diverses, venues de la Chine et de l'Inde, mais c'est évidemment le bouddhisme qui l'a marquée le plus profondément. Dans le cadre de l'Église du Sud, appelée Hīnayāna ou Theravāda, la religion du Bouddha est en effet devenue la religion officielle de la Thaïlande et du Laos. Mais si le clergé des bonzes, hiérarchisé, implanté dans les villes et villages, est présent dans toute cérémonie publique et privée importante, et si la vie de la pagode ou monastère bouddhique s'inscrit dans celle de la communauté laïque par tout un système de dons et de rapports mutuels, il n'en est pas moins vrai que les croyances autochtones, issues d'un substrat bien antérieur au bouddhisme, sont loin d'avoir entièrement disparu : la croyance aux génies de la montagne, des pierres, des arbres et des eaux (les innombrables phi des légendes laotiennes et siamoises) témoigne d'un solide animisme local. La grande inscription du roi de Sukhothai, Rāma Kamheng, datant de la fin du xiiie siècle, contient un passage consacré au génie de la colline, le Braña Khabung, protecteur du royaume, ce qui n'empêche pas la même inscription d'affirmer l'appartenance bouddhique du roi et de tout son peuple. Chez les Thô, les génies se sont hiérarchisés en génies du canton, génies du village, etc., à l'image du chef et de ses vassaux.
Ainsi, deux niveaux religieux se sont superposés et interpénétrés en bien des cas. Le bouddhisme vécu comporte traditionnellement, pour tout Siamois ou Laotien, un séjour de trois mois à la pagode, ainsi que l'assistance aux fêtes commémorant la naissance et la mort du Buddha, et un certain nombre d'observances rituelles. L'obligation, au moins morale, de présenter aux bonzes des offrandes de nourriture et de vêtements a son origine dans le désir d'acquérir des mérites pour une vie future. L'incinération des morts est de règle, suivie du dépôt des cendres dans une urne à rel […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



