Jusqu'au xixe siècle, la connaissance de la civilisation grecque reposa avant tout sur la tradition manuscrite ; depuis lors, l'essor de l'archéologie a fourni une masse sans cesse accrue d'objets de tous ordres qui ont révélé une « civilisation matérielle » qui n'apparaissait qu'allusivement dans les textes. Quel que soit l'intérêt historique et esthétique de tous ces objets, qui ont ouvert nombre de perspectives nouvelles, l'apport des textes reste cependant essentiel à la compréhension profonde de la Grèce antique, et cela d'autant plus qu'aucune des trois grandes catégories de documents écrits grecs ne constitue encore un ensemble clos.
Les inscriptions et les textes sur papyrus n'étant entrés véritablement dans le champ du savoir qu'au xixe siècle, ce sont les manuscrits sur parchemin qui ont, pendant quinze siècles, assuré le rayonnement et la survie de la civilisation grecque : aussi chaque « renaissance » a-t-elle été d'abord un effort pour rassembler, publier et commenter les manuscrits des auteurs grecs. La première entreprise de ce genre a eu pour […]
