3. Pouvoir pathogène
Trois conditions sont nécessaires au développement du tétanos : la présence dans le milieu ambiant, surtout la terre et les poussières, de spores ou d'éléments végétatifs ; leur pénétration dans les tissus réalisée par une blessure ; l'abaissement de la tension d'oxygène dans le tissu cellulaire, condition essentielle pour la germination des spores (B. Knight et P. Fildes, 1930).
Le bacille tétanique reste toujours cantonné au point d'« impact ». Son action est due tout entière à une toxine, qu'il élabore in situ ; celle-ci diffuse dans l'organisme. La phase prodromique de la maladie se caractérise par une période d'incubation silencieuse où rien ne trahit l'envahissement de l'organisme par la toxine. Sa durée est de sept à huit jours, ce qui permet d'envisager pour le malade la sérothérapie ou la vaccination préventive. Les tétanos à incubation courte sont les plus graves, d'autant plus graves que la plaie est plus près des centres nerveux : on avait signalé autrefois le « tétanos du vendredi », éclatant cinq jours après la promenade du dimanche et la chute de bicyclette ayant occasionné une plaie de la face.
• Tétanos spontané
Selon la voie d'inoculation, il existe de très nombreuses formes de tétanos spontané : tétanos médicamenteux, post-opératoire, ombilical, postabortum. Le tétanos clinique classique se caractérise par des symptômes d'ordre exclusivement moteur, constitués essentiellement par des contractures douloureuses des muscles avec des spasmes paroxystiques. La contracture des masséters (muscles de la joue) caractérise le trismus, lequel marque le début du tétanos. Les contractures, d'abord localisées, se généralisent : le corps décrit un arc de cercle à concavité postérieure. Tête et corps se renversent en arrière, tandis que bras et jambes sont en extension (opisthotonos). Ces contractures évoluent par crises. La mort survient en un à deux jours, soit par asphyxie, lente ou rapide, soit par syncope cardiaque.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



