2. L'œuvre
• Ouvrages apologétiques
En dépit de l'arbitraire inhérent à toute classification de l'œuvre de Tertullien, il est cependant commode de grouper ses traités selon les fonctions qu'il leur assignait ou selon le but principal qu'il leur fixait. À condition malgré tout de ne pas perdre de vue que la plupart d'entre eux sont circonstanciels et ambivalents : suscités ou provoqués par telle ou telle situation particulière, ils ont souvent pour fin de combattre l'adversaire (païen ou hérétique), tout en instruisant les chrétiens.
Tertullien commença sa carrière, en 197, par une sorte de triptyque destiné aux païens, d'où se détache son chef-d'œuvre littéraire, l'Apologétique (Apologeticum). Reprenant certains thèmes abordés précédemment (Aux païens [Ad nationes]), mais dans un esprit différent, en adoptant une perspective plus large, il montre l'absurdité des calomnies répandues par les païens sur les chrétiens ; reprenant l'offensive, il stigmatise leurs propres croyances, l'impiété même de leurs rites religieux, les contradictions des philosophes, et, corrélativement, il prouve le bien-fondé de la foi chrétienne ; il termine en demandant pour les chrétiens plus de justice au cours des procès qui leur sont intentés. Si dans l'Apologétique Tertullien recourt déjà à l'argument du « témoignage de l'âme », il lui consacre, sous ce titre (De testimonio animae), un traité spécial qui constitue le troisième volet de son triptyque apologétique. Empruntant à la philosophie l'une de ses preuves de l'existence de Dieu (par connaissance naturelle et « instinctive » du divin), l'apologiste a eu le mérite de la présenter comme une véritable expérience métaphysique que chacun peut faire pour son compte. Plus tard, en 212, Tertullien devait encore prendre la défense des chrétiens persécutés et revendiquer en particulier la liberté de culte, dans une lettre adressée à Scapula, proconsul d'Afrique (Ad Scapulam).
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