2. Figures du terrorisme contemporain
À côté du terrorisme d'État, largement utilisé dans nombre de pays non démocratiques en butte à une contestation violente, on peut diviser au début du xxie siècle les organisations qualifiées de terroristes en deux catégories.
D'un côté, les guérillas, telles qu'en mènent les Kurdes de Turquie du P.K.K. ou les Tigres tamouls du Sri Lanka, qui ont une implantation populaire sur le terrain et peuvent se livrer à la fois au harcèlement des troupes régulières, au sabotage et à des actes terroristes. Ce type d'organisation oblige l'armée à un vaste quadrillage et à une contre-offensive tant rurale qu'urbaine, en vue d'éradiquer l'infrastructure politique clandestine de l'adversaire.
D'un autre côté, les organisations spécialisées dans les actions à caractère terroriste comme substitut à une guérilla qu'elles n'ont, la plupart du temps, pas les moyens militaires de mener. On peut ranger dans cette catégorie le Hamas ou le Djihad islamique, par exemple, au Proche-Orient.
Il faut souligner que c'est moins l'origine du financement d'une organisation que l'importance de sa base sociale qui est décisive pour sa pérennité. Les sectes idéologiques telles que les Brigades rouges (Italie), la Fraction Armée rouge (Allemagne), Action directe (France), ou encore les Cellules communistes combattantes de Belgique appartiennent au passé. Elles n'avaient aucune chance d'entraîner, comme elles l'escomptaient à leurs débuts, les masses populaires d'Europe derrière elles.
La chute du Mur de Berlin (1989), suivie de l'effondrement de l'Union soviétique (1991), signifie pour nombre de mouvements terroristes un important changement : ils ne pourront plus compter sur l'aide logistique ou financière du « camp socialiste ». Désormais, ces mouvements ou groupes qui trouvaient jusque-là aide et soutien auprès des régimes communistes européens doivent chercher d'autres sources de financement et recourir plus que jamais aux trafics, en particulier celui de la drogue, le plus lucratif.
• Terrorismes de guérilla
En Turquie, le P.K.K. (Parti des travailleurs du Kurdistan), qua […]
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