1. Naissance et développement du phénomène
• Terrorisme et idéologie
Le xixe siècle, pour ne parler que de l'époque moderne, a été marqué dans sa première partie par l'affrontement de la France et de l'Angleterre – conséquence d'anciennes rivalités. Nous comprenons ainsi le soutien donné par Hoche, en 1796, aux patriotes irlandais. La seconde moitié du xixe siècle voit l'émergence et l'affirmation en Europe d'une Allemagne unifiée sous la domination prussienne, cela jusqu'à la Première Guerre mondiale.
La révolution, qui, chez Marx, n'est qu'une façon de hâter le déroulement d'un processus inéluctable, prend chez les nouveaux disciples de Proudhon et de Weitling, sous l'impulsion de Bakounine, le caractère d'une purification nécessaire de la société : une mission que beaucoup attribuent à la Russie. Un historien russe, Pogodine, affirme vers 1873 que « l'Occident est pourri » et que « l'Europe panslave doit aller du Pacifique à l'Adriatique et prendre barre sur l'Occident » : la ligne directrice de plus d'un siècle de politique russe. Marx proteste dans un article, « L'Allemagne et le panslavisme », publié par le New York Tribune en 1855. « Un tel mouvement, dit-il, tend à l'assujettissement de l'Europe à la Russie, sa coloration révolutionnaire n'est qu'une hypocrisie. »
Mais toute action révolutionnaire a besoin, pour se réaliser, d'une nation bouleversée. Lorsque la guerre franco-allemande éclate en 1870, Marx affirme : « Les Français ont besoin d'une correction » (lettre à Engels du 20 juill. 1870). On peut comprendre Bakounine prétendant que Marx est un agent de Bismarck, bruit accrédité chez plusieurs membres français de l'Association internationale des travailleurs (lettre à Engels du 3 août 1870).
Du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune de Paris illustre ce que peut être un gouvernement par la terreur. Elle n'a été en fait qu'une tentative avortée de la dictature sanglante de quelques quartiers de Paris sur l'ensemble de la capitale, sur la France. Elle aurait pu, par l'incohérence et le désordre, gêner l'action de Thier […]
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