Dans les différentes classes de Vertébrés, les structures sociales ont évolué sous la pression de deux exigences : d'une part, multiplier les contacts et la coopération entre individus pour la recherche de nourriture, l'utilisation d'abris, la reproduction, l'élevage et la protection des jeunes, ce qui explique la complexité croissante des relations au sein du couple temporaire ou durable, de la cellule mère-petits, de la famille, du groupe multifamilial ; et, d'autre part, assurer la dispersion des individus dans l'habitat, de façon que la population se maintienne à un niveau compatible avec les ressources limitées du milieu.
Au sein des groupes sociaux plus ou moins structurés répondant à ces deux impératifs, les contacts entre individus sont fondés chez les Vertébrés sur le fait que chaque sujet maintient autour de lui un espace de sécurité où aucune intrusion du voisin n'est tolérée. Cette distance individuelle est due à la double tendance à approcher le congénère et à s'en tenir éloigné ; elle détermine l'espacement des sujets. Elle varie selon les espèces, les saisons, l'heure, le lieu, la nature des activités en jeu, les circonstances. Elle diminue en présence d'un danger commun : un banc de poissons ou un vol d'étourneaux se resserrent en présence d'un prédateur ; celui-ci parti, chacun reprend ses distances. Elle est plus grande lorsqu'il y a compétition pour les places au dortoir, le choix d'un perchoir, l'accès au point d'eau ou à une source de nourriture. Plus grande à l'égard d'un étranger que vis-à-vis d'un voisin ou d'un autre membre du groupe, elle dépend donc de la connaissance individuelle des partenaires. Enfin, lorsqu'une composante sexuelle s'ajoute à la double tendance d'approche et d'évitement chez un mâle, la distance individuelle diminue vis-à-vis des femelles et augmente vis-à-vis des mâles concurrents.
Ce principe de la distance critique régissant les rapports entre individus s'exprime chez les Vertébrés sous deux formes principales : la hiérarchie et la territorialité. Dans la hiérarchie […]
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