Selon Empédocle d'Agrigente (~ 490-~ 430), la sphère de l'univers est constituée de quatre racines, le feu, l'air, l'eau et la terre, qui tantôt se combinent sous l'influence de l'amour pour donner les corps matériels, les animaux et les végétaux, tantôt se décomposent sous l'influence de la haine en leurs éléments. Le monde est donc soumis à une perpétuelle transformation sous l'influence de ces deux forces antagonistes.
Plus tard, Platon a donné à la théorie d'Empédocle une forme mathématique où la terre est représentée par un cube, constitué de triangles rectangles et isocèles ; mais, tandis que les autres polyèdres réguliers (tétraèdres de feu, octaèdres d'air et icosaèdres d'eau) peuvent se transformer les uns dans les autres suivant des lois discrètes (deux particules de feu se combinent pour former une particule d'air, etc.), la terre ne possède pas cette propriété, du fait que le triangle rectangle et isocèle est unique. Néanmoins, suivant la grandeur des triangles élémentaires, il y a plusieurs espèces de terre (il en est de même pour les autres corps platoniciens) ; il ne s'agit donc pas d'une vraie transmutation, comme le pensaient les alchimistes, mais […]
