3. Quelques particularités de la terminologie
Identifier, décrire, analyser, classer sont au fondement de toute démarche scientifique ou de construction d'objets. Mais il est très rare que cela n'aboutisse pas à un processus de désignation : il faut désigner les objets et les phénomènes décrits pour structurer le savoir et le communiquer. La terminologie garde encore de son histoire plusieurs particularités : notamment, le fait qu'elle soit essentiellement une pratique d'ingénieurs et de scientifiques, qu'elle soit partie prenante de la traduction spécialisée, et qu'elle soit encore peu intégrée aux sciences humaines, particulièrement la linguistique. À l'évidence pourtant, elle traite bien d'unités linguistiques (noms, verbes, expressions, etc.).
• Un corpus en expansion continue
L'une des particularités de la terminologie par rapport au lexique usuel d'une langue est cependant d'avoir à prendre en compte des masses d'unités considérables. Si l'ensemble des unités linguistiques décrites dans un dictionnaire comme Le Nouveau Petit Robert (1993) est de près de 60 000 mots, le volume des unités terminologiques composant une langue comme le français est évaluée aujourd'hui à plusieurs millions ; ainsi, les termes des sciences de la vie (biologie, médecine, etc.) sont de plusieurs centaines de milliers. Cela, indépendamment du nombre des nomenclatures scientifiques (notamment les noms désignant les espèces vivantes), qui sont de plusieurs dizaines de millions. Il existe par exemple 400 000 espèces de coléoptères, dont la plupart ne sont pas encore décrites. Il faut de plus considérer que le volume d'objets à désigner et à répertorier, notamment ceux des collections et des musées, est évalué aujourd'hui à un milliard d'objets (Tillier, Académie des sciences, 2000).
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