Dans le Japon de l'après-guerre et jusqu'à sa mort, Terayama Shūji fut souvent celui par lequel le scandale arriva. Enfant terrible, il chercha sans cesse, face au réel, la la provocation poétique. Il passe d'ailleurs très tôt « de l'autre côté du miroir » : son père disparaît à la fin de la guerre, sa mère, serveuse dans une base américaine, l'abandonne ; recueilli par un parent, il vivra dès lors derrière un écran de cinéma et dans les coulisses d'un théâtre. Nourri de films américains, il écrit à Humphrey Bogart, une de ses stars préférées.
Mais sa première identité, il la trouve dans la composition de tanka, courts poèmes de cinq vers de 5, 7, 5, 7, 7 syllabes. Son intérêt pour l'œuvre du poète Ishikawa Tokuboku (1885-1912) qui renouvela, par l'emploi du langage parlé, cette forme traditionnelle, rend compte de l'importance fondamentale pour Terayama du jeu de la langue, expression de la « modernité ». En 1954, il reçoit le prix « Poésie nouvelle » au festival Tchekhov. Malade, il restera ensuite cloué au lit pendant près de quatre ans. Il assouvit alors une passion dévorante de la lecture, celle des auteurs étrangers, français en particulier : Sade, Lautréamo […]
