Tumeurs constituées par un pot-pourri de tissus hétérologues, c'est-à-dire différents de ceux de l'organe dans lequel ils se développent. Mais ces tissus sont parfaitement normaux.
Les tératomes peuvent présenter, dans une même tumeur ou d'une tumeur à l'autre, les divers aspects successifs caractéristiques des phases embryonnaires, fœtale et mature du développement. On conçoit donc que l'histogenèse des tératomes ait suscité un immense intérêt. Elle a été interprétée soit comme une perturbation (dysgenèse) du développement de l'embryon, par exemple au cours de la mise en place des feuillets, soit comme une construction caricaturant ce développement à partir de cellules embryonnaires qui auraient échappé au contrôle des organisateurs « primaires » au cours de l'ontogenèse. Comme la localisation des tératomes se fait avec une certaine prédilection dans les gonades, l'hypothèse d'un développement parthénogénétique de cellules sexuelles a servi à expliquer l'origine des variétés testiculaires ou ovariennes du tératome.
Deux grands groupes de tératomes sont généralement reconnus. Dans le premier sont rangées des tumeurs résultant vraisemblablement d'une dysgenèse tératologique de la ligne primitive, ou d'un jumeau incomplet : l'exemple type en est le tératome sacro-coccygien. Le second inclut les tumeurs pour lesquelles l'origine germinale est généralement retenue : les tératomes génitaux, bien sûr, et certaines localisations extragénitales (épiphyse, abdomen, thorax) qui se développeraient aux dépens de gonocytes (cellules germinales) « perdus » lors de leur migration. Le terme de tératome, consacré par l'usage, rend compte par chance de ces incertitudes puisque, étymologiquement, il implique la double notion de tumeur et de malformation ; mais il est impropre puisqu'il recouvre des entités différentes.
On appelle tératocarcinomes les tumeurs qui contiennent un mélange de cellules indifférenciées et de tissus différenciés, quel que soit le degré de maturité de ces derniers. Le terme de tératome est de ce fait réservé aux tumeurs constituées par des tissus différenciés plus ou moins matures mais ne contenant plus de cellules indifférenciées.
J. GAILLARD
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