4. La fin d'une cité
Vers 600 après J.-C., la population de Teotihuacán tombe à moins de trente mille personnes et son influence, étendue jadis à toute la Méso-Amérique, se réduit au seul bassin de Mexico. Cette régression culmine avec la destruction de la ville, brûlée et détruite de façon intentionnelle pour, semble-t-il, effacer sa trace et s'assurer que rien ne pouvait renaître de ses ruines.
Diverses explications ont été proposées sans qu'aucune soit définitive : une invasion par des groupes guerriers du nord (les Chichimèques), une crise écologique provoquée par la surexploitation des sols et des forêts voisines, des rivalités avec d'autres centres d'importance croissante, ou des révoltes internes. Pour les deux premières hypothèses, on ne dispose pas de preuves réelles ; les deux dernières semblent donc les plus vraisemblables.
El Tajin, Xochicalco, Cacaxtla et Cholula, centres proches de Teotihuacán, montent en importance et entrent en compétition pour le pouvoir régional. Profitant de leur position géographique pour bloquer les routes du commerce vers la métropole, ils sapent les fondements de son pouvoir : l'économie. En outre, des signes de révolte interne deviennent évidents. La fortification du centre constituerait une protection contre les paysans dont le mécontentement croissait en raison des énormes efforts fournis pour supporter une élite pesante et exigeante. Par ailleurs, la multiplication des scènes de guerre dans les peintures murales suggère le renforcement du pouvoir militaire à Teotihuacán.
La chute de Teotihuacán marque la fin de la période Classique ancienne et ses répercussions entraînent une instabilité dans toute la Méso-Amérique, jusqu'en région maya. Mais elle permet aussi l'émergence de nouvelles cités, qui connaîtront leur éphémère apogée pendant les deux cents années suivantes, sans jamais toutefois atteindre la puissance ou l'ampleur de la métropole.
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