2. Vivre à Teotihuacán
Autour de la zone centrale se répartissent les ensembles résidentiels, où vivaient et travaillaient les habitants. Tetitla, Xolalpan ou Yayahuala, noms donnés par les archéologues, désignent quelques-uns de ces édifices qui abritaient un nombre variable de familles exerçant le même métier. Chaque famille occupait un groupe de petites pièces dédiées au repos, à la préparation et à la consommation des aliments, au stockage de matériels, ou à l'activité artisanale. Les parties communes comptaient un patio central qui recevait l'eau de pluie, acheminée vers un réservoir souterrain à travers des canalisations, ainsi qu'un ou plusieurs temples communs et des ateliers de production.
Une telle concentration de population posait des problèmes d'hygiène, difficulté en partie résolue par le grand canal qui court le long de l'Allée des Morts. Construit en dalles de basalte, ce dispositif collectait les eaux usées depuis les zones résidentielles et les édifices publics par un complexe système de canalisations souterraines.
Le commerce avec le reste de la Méso-Amérique était favorisé par une position géographique privilégiée. Située à l'embouchure du bassin, la ville communiquait avec la vallée de Puebla et la côte du golfe du Mexique. Cette ouverture permettait à Teotihuacán d'exercer son influence sur un vaste territoire et d'obtenir en échange une grande quantité de produits exotiques : céramiques de Veracruz, plumes précieuses des Mayas, urnes anthropomorphes d'Oaxaca... Par ailleurs, la cité abritait plusieurs quartiers d'immigrants. Les découvertes archéologiques du secteur appelé la Ventilla attestent la présence de gens du Centre-Nord et de l'Occident. Les bâtiments circulaires, typiques de la côte du golfe, qui se trouvent à l'est de la ville confirment l'existence d'habitants originaires de cette région. Des artisans mixtèques et zapotèques demeuraient dans le secteur ouest.
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