Peintre recherché et officiel, David Teniers le Jeune a abordé avec aisance les genres les plus opposés : nature morte, portrait, paysage, peinture d'histoire, scène de genre ; il est avant tout le peintre des cabarets, des kermesses et des divertissements rustiques où, à la suite de Brouwer, il se révèle l'observateur de la vie populaire de son temps tout en y apportant une facture personnelle (tons plus clairs, métier léché).
David Teniers est né à Anvers ; il étudie auprès de son père David Teniers Ier (1582-1649, élève d'Elsheimer) avec qui il collabora au début de sa carrière. En 1632, il est reçu franc-maître de la corporation de Saint-Luc à Anvers et devient doyen de cette confrérie en 1644. En 1663, il figure comme un des fondateurs de l'Académie des beaux-arts d'Anvers. En 1651, il s'établit à Bruxelles (où il mourra) et entre au service de l'archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas, qui en fait son peintre particulier et le nomme conservateur de sa galerie de tableaux. Il est chargé de la publication d'un album de gravures (comprenant 244 tableaux italiens de la collection de l'archiduc) qui paraît en 1658 sous le titre de Theatrum pictorium Davidis Teniers Anterwerpiensis. Le successeur de Léopold-Guillaume, don Juan d'Autriche, le maintient dans ses fonctions. Teniers expédie également des œuvres à la cour de Philippe IV d'Espagne et au stathouder Guillaume II de Nassau. Il voyage en Angleterre de 1650 à 1655. Teniers avait épousé la fille de Bruegel de Velours qui l'aurait introduit auprès de Rubens.
Dans ses premières œuvres, Teniers poursuit la manière traditionnelle des Francken, Le Corps de garde (palais Corsini, Rome), mais d'un clair-obscur plus nuancé et plus chaud ; Le Retour de l'enfant prodigue (musée du Louvre), scène religieuse relatée à la façon d'une scène bourgeoise, aux couleurs fraîches, où le paysage est traité en tons bleuâtres que Bruegel de Velours avait mis à la mode. Mais c'est surtout l'influence de son père qui se fait sentir dans ses représentat […]
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