Le tempo, souvent désigné aussi par le terme de mouvement, joue un rôle essentiel dans la conception d'une œuvre musicale et dans son exécution : il fixe la durée absolue de l'unité de temps ; il ne modifie pas les rapports de valeur établis par le rythme ; mais selon qu'elle est exécutée rapidement ou lentement, une figure rythmique change entièrement de caractère, et son existence dans le temps prend un aspect et possède un impact totalement différents.
Le tempo peut être constant à l'intérieur d'une même pièce, l'unité de temps gardant la même durée ; ce cadre temporel, abstrait, extérieur à l'œuvre, l'enferme-t-il dans un déroulement rigide ? Ce n'est pas toujours le cas, car, en fait, malgré l'égalité de l'unité de temps, un changement radical des valeurs peut donner l'impression d'un changement de tempo, ralenti si les valeurs sont plus longues, accéléré si elles sont plus courtes. Un tel changement n'est pas progressif et continu, mais immédiat, et de proportions arithmétiques, les valeurs nouvelles étant des multiples ou sous-multiples de l'unité.
Le tempo peut aussi varier à l'intérieur d'une même pièce de musique ; d'une façon subite si la durée de l'unité de temps change sans la préparation d'un accelerando ou d'un ritenuto, qui sont variations progressives. La reprise soudaine du tempo primitif plus lent à la fin d'un accelerando est aussi un changement brusque, de même que la reprise soudaine d'un tempo primitif plus rapide après un ritenuto. La variation est continue et progressive si un accelerando aboutit à un mouvement plus rapide que le tempo primitif ou termine une œuvre, si un ritenuto aboutit à un mouvement plus lent que le tempo primitif ou termine une œuvre, et si un accelerando succède à un ritenuto, ou le contraire, ces deux derniers cas amenant un retour progressif au tempo primitif.
Le tempo peut n'être pas absolument rigide : si le compositeur indique rubato ou tempo rubato, l'interprète a la liberté alors de donner au mouvement musical de minuscules fluctuations, diminuant très légèrement […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



