D'origine irlandaise, l'un des plus éminents serviteurs de la Couronne anglaise à l'époque de la Restauration. En fait, sa carrière a été triple. Diplomate habile, William Temple a attaché son nom, entre 1665 et 1678, à une série de missions sur le continent européen qui, toutes, ont eu pour objet de contrecarrer certains des plus ambitieux desseins de Louis XIV : en particulier, en 1668, il est l'artisan de la Triple-Alliance rassemblant les Provinces-Unies, la Suède et l'Angleterre et, en 1674-1675, il favorise le retour à la paix entre la Hollande et une Angleterre engagée par son roi dans une politique d'entente impopulaire avec le souverain français. Homme politique, il a tenté, entre 1679 et 1681, de réaliser l'impossible réconciliation des whigs et des tories et a persuadé Charles II de faire le vain essai de créer un Conseil privé de trente membres, que le roi aurait nécessairement dû consulter avant toute décision et avec lequel il aurait en fait gouverné.
Homme de lettres, poète et penseur politique, il a partagé avec nombre de ses contemporains l'ambition de définir la nature du gouvernement ; il a pris parti dans une querelle anglaise des Anciens et des Modernes en se rangeant dans le camp des admirateurs du passé (Upon Ancient and Modern Learning, 1692) et a produit, surtout après 1681, des œuvres historiques et littéraires dont la réputation a été grande : pendant une longue période du siècle suivant, elles ont été citées comme exemple d'un style particulièrement élégant et d'une langue remarquable. Les éloges que lui ont prodigués Jonathan Swift, son protégé, puis Samuel Johnson ont été discutés par leurs contemporains et n'ont pas été repris par la postérité.
Roland MARX
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