1. Le site d'Amarna
Amarna est situé en face de la ville antique d'Hermopolis magna, non loin de la ville moderne de Mellawī. Le nom erroné, mais entré dans l'usage, de Tell el-Amarna est le fruit de la déformation des noms d'un village actuel, el-Till, et d'une tribu arabe installée là anciennement, les Beni Amran. Localisé sur la rive est du Nil, le site est remarquable et d'une grande beauté. Il consiste en une vaste étendue (10 km × 5 km) limitée à l'ouest par le Nil et à l'est par la chaîne arabique qui forme à cet endroit comme un cirque. C'est dans ce paysage presque clos et somme toute vierge qu'Akhénaton, accompagné de la reine Néfertiti, décida de bâtir la nouvelle capitale dédiée au dieu Aton et baptisée Akhetaton (« Horizon d'Aton »), le territoire symétrique situé sur la rive gauche constituant une sorte d'arrière-pays pour la nouvelle cité. La décision et sa mise en application datent de l'an 4 ou 5 du règne ; la construction de la ville dut se faire très rapidement, mais en un sens elle ne fut jamais complètement terminée et il faut imaginer qu'Amarna resta plus ou moins un chantier permanent.
Les limites de la ville et de son territoire, ainsi que les circonstances de la fondation, sont fixées par des stèles-frontière de grande taille, accompagnées de statues, qui furent taillées à même le rocher. Elles sont au nombre de trois sur la rive gauche et de onze du côté d'Amarna proprement dit. Elles se dégradent mais certaines sont encore assez bien conservées et leurs représentations (la famille royale adorant Aton) et leurs textes constituent des témoignages précieux ; les inscriptions surtout, du fait que leur langue comme leur phraséologie sont caractéristiques de cette période et des bouleversements qu'elle suscita.
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