9. Les premiers télescopes géants : Keck et V.L.T.
Le besoin de télescopes de diamètres supérieurs à ceux de la classe des 4 à 5 mètres commence à se faire sentir à la fin des années 1980, lorsqu'il est manifeste que l'observation des galaxies les plus faibles et distantes ou des régions de formation d'étoiles devient très difficile, voire impossible. Comprendre l'évolution des galaxies exige en effet de pouvoir en observer très peu de temps après le big bang, il y a environ 15 milliards d'années, alors qu'elles sont en train de s'assembler et de former leurs premières étoiles ; comprendre la formation des étoiles nécessite de pénétrer les cocons de nuages de gaz et de poussière qui les entourent. Une nouvelle génération de télescopes est donc nécessaire pour repousser encore une fois les frontières de la connaissance.
Deux grands projets émergent alors : celui de la fondation Keck, américaine, et celui du Very Large Telescope (V.L.T.), européen. La définition des concepts optique et mécanique de ces télescopes donne lieu à controverse : les spécialistes du projet Keck soutiennent que seul un miroir géant segmenté – composé de 36 miroirs hexagonaux formant un miroir de 10 mètres de diamètre – est réalisable, alors que les experts de l'E.S.O., forts de leur expérience sur le N.T.T., sont convaincus qu'un miroir monolithique de 8,2 m est faisable. Ces deux approches vont s'avérer payantes.
Le Keck-I est mis en service en mai 1993 ; bien que ses images gardent l'empreinte des multiples segments, leur qualité est excellente, et il permet aux astronomes californiens d'être les premiers à étudier les galaxies primordiales, 1 milliard d'années seulement après le big bang, ou les traces de gaz primordial dans l'espace intergalactique. Le Keck-II, identique en tout point au Keck-I, est mis en service en octobre 1996. Propriétés de la fondation établie grâce à des fonds fournis par le magnat américain du pétrole William Myron Keck, ces deux télescopes sont gérés par le California Institute of Technology, […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 21 pages…



