10. Les autres géants
Les télescopes Keck et V.L.T. sont des instruments généralistes, construits pour suivre le déplacement des astres produit par la rotation de la Terre, et qui permettent des observations avec de multiples instruments (caméras, spectrographes à basse ou à haute dispersion, spectrographes multi-objets...). Cette flexibilité est cependant coûteuse : de l'ordre de 100 millions d'euros par télescope. Afin de diminuer les coûts, une autre méthode a été imaginée, qui consiste à spécialiser un télescope dans une tâche unique préalablement définie. C'est l'approche suivie par le consortium d'instituts pilotés par l'université du Texas pour le Hobby-Eberly Telescope, d'un diamètre équivalent de 9,2 m mais à pointage fixe, qui présente deux inconvénients : il ne permet d'observer qu'une région limitée du ciel, autour du pôle Nord, et de ne suivre les objets situés dans cette zone que durant quelques dizaines de minutes par nuit. Mais, cumulés sur des mois ou des années, les temps de pose obtenus sont suffisamment importants pour obtenir des résultats intéressants. Ce télescope a pour objectif de cartographier en trois dimensions une zone restreinte du ciel afin d'étudier la répartition des galaxies dans les structures à très grandes échelles comme les grands filaments ou superamas. Le coût de ce télescope – 20 millions d'euros environ – est bien inférieur à celui des télescopes généralistes.
D'autres grands télescopes généralistes ont été mis en service, parmi lesquels le Subaru japonais (8,30 m) du National Astronomical Observatory of Japan (mis en service en 1999 au sommet du Mauna Kea, à Hawaii), le télescope North Gemini (mis en service en 1999 au sommet du Mauna Kea) et le télescope South Gemini du projet Gemini (mis en service en 2001 au sommet du Cerro Pachón, au Chili ), tous deux de 8,10 m. Ces télescopes à miroir monolithique ont adopté le concept du V.L.T. Le Subaru a permis à la communauté des astronomes japonais de devenir compétitive dans le domaine de l'astronomie optique, dont le Japon avait longtemps été absent. Le projet Gemini a été conduit en partenariat entre les National Optical Astronomy Observatories (N.O.A.O.) américains, le Royaume-Uni, le Canada, le Chili, le Brésil, l'Argentine et l'Australie. Ses deux télescopes sont optimisés pour observer dans le proche infrarouge, jusqu'à 5 micromètres. L'usage de l'optique adaptative sera généralisé, permettant de corriger en temps réel les déformations du faisceau optique induites lors de la traversée de l'atmosphère.
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