5. Tectonophysique et géodésie spatiale
Les premiers pas de la géodésie spatiale furent, du point de vue de la tectonophysique, prometteurs. En premier lieu, le satellite Seasat, qui fonctionna durant seulement trois mois, en 1978, permit de connaître de manière détaillée la topographie des fonds océaniques d‘après l‘altimétrie de la surface des océans, connue au décimètre près (les fosses océaniques, qui correspondent à un déficit de masse, se traduisent par un gonflement de la surface des eaux ; et, inversement, pour des monts sous-marins). Dans la même voie ont été lancés les satellites Geosat, en 1985, E.R.S.-1, en 1991, E.R.S.-2, en 1995. Le satellite franco-américain Topex-Poséidon, lancé en août 1992, beaucoup plus performant – sa précision est centimétrique –, a ouvert de nouvelles perspectives.
En second lieu, les mouvements horizontaux ont commencé à être mesurés en temps réel ou, du moins, à l‘échelle de l‘année ou de quelques années. Au tout début, il s‘agissait de mesures au sol par des visées lasers sur des balises fixes ; ainsi en fut-il, par exemple, dans la dépression des Afars ou le long de la faille de San Andreas. Puis, ce furent des mesures par interférométrie en visant des sources célestes très lointaines, comme des quasars ; les différences observées, d‘une année à l‘autre, dans les visées effectuées entre deux bases donnent l‘ampleur du déplacement annuel entre ces deux bases (V.L.B.I.). Enfin, des visées sont désormais faites sur des satellites dont on connaît les positions avec une très grande précision (satellites du programme G.P.S. – Global Positioning System – ou Topex-Poséidon, par exemple).
En quelques années, on est donc passé d‘une géodynamique « moyennée » à une géodynamique mesurée. Premier fait remarquable, qui n'était pas acquis et qui demande à être généralisé, les résultats des deux approches sont du même ordre de grandeur : l‘ ouverture du golfe de Californie (mer de Cortés) par coulissement le long du système de la faille de San Andreas s‘est faite […]
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