5. Origine des tectites
Darwin, en 1844, attira l'attention du monde savant sur ces objets en décrivant une tectite « en bouton », recueillie en Australie, qu'il considérait comme une bombe volcanique ayant été projetée dans l'atmosphère. En 1900, Eduard Suess, qui attribua le nom de tectites à ces verres, y voyait des météorites vitrifiées. Depuis lors, les difficultés pour expliquer à la fois les formes de certaines tectites, leurs compositions chimiques et les mécanismes de leur formation ont alimenté une polémique entre spécialistes qui discutaient (et parfois discutent encore) de leur origine terrestre ou extraterrestre (par impact d'un bolide sur la Lune et capture d'une fraction des ejecta par la Terre). Pourtant, les rapports isotopiques du plomb mesurés dans les tectites de différents champs (à l'exception de celui de Côte-d'Ivoire) correspondent aux plombs terrestres actuels. En outre, les rapports isotopiques de l'oxygène, du strontium et du plomb indiquent que les tectites de Côte-d'Ivoire ont été formées à partir du même matériau source précambrien que les impactites recueillies aux abords du cratère Bosumtwi. Enfin, les rapports isotopiques de l'oxygène et surtout du strontium et du plomb déterminés sur les roches lunaires ramenées par les diverses missions Apollo ont montré que les tectites ne peuvent pas provenir de la Lune.
Dans le cadre d'une origine terrestre, il reste à expliquer comment le champ d'Australasie a pu être formé sans qu'il ait été encore possible d'identifier le cratère d'impact. L'âge très récent de ces tectites et leur très grande surface de distribution devraient impliquer, par analogie avec le cratère de Bosumtwi, l'existence d'un cratère de 200 km de diamètre et de 10 à 20 km de profondeur. Ce cratère, s'il existait, aurait sans doute été découvert, car les phénomènes d'érosion n'auraient pu être actifs au point de faire disparaître en 700 000 ans une aussi vaste structure circulaire. Pour écarter cette difficulté, Harold C. Urey a proposé l'idée que les t […]
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