7. Techniques et culture
Il reste à déterminer le but même de la technologie culturelle, c'est-à-dire à préciser où mène ce type d'analyse. On dira schématiquement qu'existent deux domaines dans l'analyse des rapports entre phénomènes techniques et phénomènes culturels. Le premier pourrait être qualifié d'historique, que l'analyse porte sur une évolution générale ou sur un fait particulier. Par exemple, à Tehuacan, au Mexique, il est possible de suivre tout le processus de l'introduction de l'agriculture et de la sédentarisation depuis 11 000 ans. L'analyse de l'évolution techno-économique des groupes qui ont habité cette vallée démontre que, contrairement aux idées reçues, le passage d'un mode de production – chasse-cueillette – à un autre – agriculture – est un processus long, s'étendant sur plusieurs milliers d'années. En fait, ce n'est que quelque quatre millénaires après l'apparition des premières plantes domestiquées que le régime alimentaire contiendra plus de produits agricoles que de produits de la cueillette. Les documents recueillis dans cette vallée viennent appuyer ceux qui proviennent de villages de chasseurs sédentaires du Proche-Orient, d'où il ressort que la sédentarisation n'est pas forcément liée à la transformation de la cueillette en agriculture. Le passage à l'agriculture est donc une évolution et non pas une révolution, due en particulier à l'intervention de facteurs très complexes.
Comme exemple d'analyse d'un fait particulier dans le domaine historique, l'étude des effets de l'introduction d'une seule invention dans une société donnée est à citer. C'est ainsi que l'introduction de l'étrier en Europe occidentale, vers le viiie siècle n'est pas seule à l'origine de la féodalité européenne, mais elle en est un des facteurs les plus importants. La technologie montre que le combat à cheval sans étrier ne peut être le fait d'un homme fortement armé, car le maniement d'une longue lance ou d'une épée exige une assiette latéralement plus assurée que celle fournie par une selle s […]
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